Carburants : le gouvernement espère une » baisse visible » dès dimanche à la pompe
Le gouvernement attend une « baisse visible » des prix à la pompe dès le 1er novembre. Cette baisse résulte du déstockage de réserves stratégiques décidé mi-octobre, et les distributeurs de carburant devront l’afficher de façon « claire » sur place. Le gouvernement demande également au groupe TotalEnergies de faire preuve d’« exemplarité ».

Un affichage imposé aux distributeurs
Selon un arrêté publié au Journal officiel, les distributeurs devront indiquer « de manière claire, par un affichage visible, lisible et aisément accessible » le montant de la baisse du prix du gazole liée au déstockage. Cette baisse interviendra lors du week-end de retour des vacances de la Toussaint.
Le texte précise que ce montant doit être « au moins égal au montant hors taxes de l’avantage répercuté rapporté au volume de vente auquel il est imputé, majoré des taxes qui lui sont applicables ».
« Une contrainte de plus » pour les stations-service
« On ne sait pas encore à quel endroit on mettra l’affichage, peut-être à la caisse ou au niveau des automates », a réagi auprès de l’AFP Francis Pousse, du réseau Mobilians, qui représente l’essentiel des stations-service traditionnelles hors grandes surfaces. Il évoque « une contrainte de plus » pour certaines stations et espère « un peu de souplesse » dans la mise en œuvre.
La France avait annoncé le 12 octobre la mise à disposition des distributeurs, au prorata de leur part de marché 2025 et sur une période de trois mois, de dix millions de barils de gazole issus de ses stocks stratégiques. L’objectif affiché est de diminuer le prix du litre à la pompe de 12 à 18 centimes.
La porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a assuré sur BFMTV/RMC qu’« on aura une baisse visible à la pompe ». Le ministère de l’Économie et des Finances a précisé lors d’un point presse que les opérateurs pourraient commencer à répercuter la baisse dès le 1er novembre, sans attendre d’avoir acquis physiquement le volume, afin que « dès le 1er ou le 2 novembre, on ait des baisses en stations qui soient bien visibles ».
Cette mesure exceptionnelle répond à la flambée des prix des carburants, causée par la guerre au Moyen-Orient déclenchée par les États-Unis et Israël fin février 2026.
Un dispositif qui concerne aussi le gazole non routier
L’opération, qui doit durer jusqu’à fin janvier, prévoit de vendre aux distributeurs ces stocks achetés avant la guerre à 0,28 euro par litre. Ce prix est nettement inférieur au prix du marché, qui se situait mi-octobre à environ 1,10 euro par litre, selon Matignon.
La mesure s’applique également au gazole non routier (GNR), utilisé par les agriculteurs, les pêcheurs ou le BTP, mais pas à l’essence.
Maud Bregeon a par ailleurs demandé à TotalEnergies, qui a annoncé des profits très élevés sur le troisième trimestre et plus largement depuis le début de la guerre, d’être « exemplaire ». Elle appelle le groupe à « répercuter encore une fois à la baisse l’avantage de la libération des barils » et à poursuivre son plafonnement des prix « autant que nécessaire, tant que cette crise perdure ».
Mi-octobre, le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, avait averti que TotalEnergies baisserait ses prix de l’ordre de « 8 à 12 » centimes et maintiendrait un plafonnement des prix.





