La Banque du Japon affirme avoir atteint son objectif d’inflation
La Banque du Japon (BoJ) a maintenu son taux directeur à 1,25% et affirme, pour la première fois, que son objectif d’inflation est atteint. Elle signale toutefois un risque de dépassement, ce qui pourrait conduire à un nouveau durcissement monétaire.

Un objectif fixé il y a plus de treize ans
Cet objectif, fixé il y a plus de treize ans, visait à sortir le pays de la déflation. Ces dernières années, l’inflation au Japon a largement dépassé la cible de 2%, jusqu’à atteindre 4% en décembre 2022. La BoJ s’était alors gardée de déclarer l’objectif atteint, préférant attendre que les tendances profondes se confirment.
Après avoir porté son taux directeur, mi-septembre, à son niveau le plus élevé depuis 31 ans, l’institution l’a maintenu à 1,25%. Huit des neuf membres de son comité de politique monétaire ont approuvé ce statu quo, au terme de deux jours de réunion, malgré la hausse toujours forte des prix à la consommation. La BoJ avait commencé à resserrer ses taux en mars 2024, après 10 ans de politique monétaire ultra-accommodante.
Un risque de dépassement
Dans son rapport, la banque indique que son objectif d’inflation sous-jacente de 2% est à présent atteint, tout en avertissant d’un risque de dépassement. Elle écrit : « Alors que l’inflation sous-jacente se situe à un niveau globalement cohérent avec l’objectif de stabilité des prix de 2%, il existe un risque que les anticipations d’inflation à moyen et long terme augmentent et que l’inflation dévie à la hausse, dépassant ainsi cet objectif. »
Elle souligne également que « le comportement des entreprises tend de plus en plus vers des hausses de salaires et de prix », et que divers facteurs pourraient exercer une pression à la hausse sur les prix. Parmi ces facteurs, elle cite la montée des cours du pétrole brut, qui devrait « renchérir les prix, principalement ceux de l’énergie et des biens ».
La hausse des prix des semi-conducteurs, qui reflète une demande mondiale accrue, ainsi que la dépréciation du yen, qui renchérit les produits importés, devraient également contribuer à l’augmentation des prix, selon la BoJ.
Cette année, la hausse des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient renforce l’inflation au Japon. En septembre, les prix à la consommation, hors produits frais et énergie, ont augmenté de 2,4% sur un an.
En suggérant que l’inflation pourrait dépasser le niveau souhaité, la BoJ ouvre la voie à un nouveau durcissement monétaire lors de sa prochaine réunion, en décembre.





