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Artisanat de France / Gestion / Insee : le PIB français a reculé de 0,1 % au troisième trimestre

Insee : le PIB français a reculé de 0,1 % au troisième trimestre

  • La rédaction
  • 31 Oct 2026
  • Gestion

Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 0,1% au troisième trimestre, a annoncé vendredi 30 octobre l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Après un repli de 0,2% au premier trimestre et une stagnation (+0,0%) au deuxième, ce résultat est une contre-performance inattendue, alors qu’une légère hausse était anticipée. Il alimente les craintes d’une entrée en récession.

Insee : le PIB français a reculé de 0,1 % au troisième trimestre



Un enchaînement de mauvais résultats

Depuis le début de l’année, la croissance est ainsi négative pour la deuxième fois. Il ne s’agit pas, à ce stade, d’une récession technique, définie par deux trimestres consécutifs de croissance négative. Mathieu Plane, économiste à l’Institut français d’économie (IFE, ex-OFCE), souligne toutefois : « Il suffirait d’une petite révision à la baisse du deuxième trimestre pour que ce soit le cas. »

Fin octobre, l’acquis de croissance s’établit à 0,2%. Cet indicateur correspond à la croissance attendue si l’économie stagnait jusqu’à la fin de l’année. Pour atteindre l’objectif de croissance de Bercy, fixé à 0,5%, le PIB devrait progresser de 0,9% au quatrième trimestre, précise l’Insee.

Au troisième trimestre, plusieurs facteurs ont pesé. L’investissement a de nouveau reculé, de 0,6% après 0,5% au deuxième trimestre. Le commerce extérieur a apporté une contribution négative de 0,6 point, alors qu’il suivait de nouveau une trajectoire positive depuis 2025. À rebours des anticipations, les exportations ont nettement diminué de 1,7%, tandis que les importations ont légèrement progressé de 0,1%.

À l’inverse, la consommation des ménages a progressé un peu plus que prévu, de 0,4%, contre 0,2% au deuxième trimestre. Ce rebond s’explique par les achats de voitures électriques, qui ont bondi après la flambée du prix des carburants, ainsi que par la consommation d’électricité, portée par les canicules et l’usage des appareils de climatisation. Toutefois, la baisse de 0,5% enregistrée pour la seule consommation de septembre montre que les ménages ont fortement limité leurs achats.

Inflation et climat social dégradé

En octobre, l’inflation a de nouveau accéléré : elle atteint 3,4% sur les douze derniers mois, après 3,1% en septembre. Le moral des ménages est tombé à son plus bas niveau depuis juin 2013. Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, observe : « La confiance est à un plus bas historique, l’état d’esprit des Français est très négatif : ils craignent une hausse des taux d’intérêt et une aggravation du chômage. »

Les manifestations, les violences et les dégradations de commerces, dans un contexte de tensions sociales, ne favorisent pas les dépenses. Par ailleurs, la hausse des taux d’intérêt, en lien avec le coût auquel la France emprunte sur les marchés, ne va pas contribuer à relancer l’investissement. Jeudi 29 octobre, la Banque centrale européenne a temporisé : elle a renvoyé à décembre une possible hausse de ses taux directeurs.

Interrogé sur Franceinfo, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a déclaré que « l’économie française est à l’arrêt » et qu’elle « ira dans le mur » sans « le redressement budgétaire qu’on a mis dans le budget ». Les coupes budgétaires risquent néanmoins de peser sur le pouvoir d’achat et, indirectement, sur la consommation comme sur l’activité économique.

Pour l’économiste Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco, « les projections pour la croissance des trimestres et années à venir sont globalement négatives au vu des nombreux risques macroéconomiques : choc inflationniste, possible bulle de l’intelligence artificielle, blocage politique, hausse des taux souverains notamment ».

Incertitudes et facteurs de risque

La situation dans le détroit d’Ormuz, ainsi que celle du Proche-Orient dans son ensemble, suscite aussi des inquiétudes. Mathieu Plane prévient : « Si le pétrole s’installe aux alentours de 100 dollars le baril, on ne sera pas dans le même scénario. » Stéphane Colliac estime qu’une éclaircie pourrait venir de l’aéronautique, qui affecterait positivement les exportations. Il juge qu' »il y a toujours un coup de collier sur la production en fin d’année, d’autant qu’on a pris du retard au deuxième et au troisième trimestre ».


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