Marine Le Pen lance sa campagne à Orléans sous haute sécurité et appelle à une « renaissance »
Marine Le Pen a prononcé dimanche 25 octobre son premier grand discours de campagne à Orléans, lors du congrès du Rassemblement national (RN). Le lancement officiel s’est déroulé devant 8 500 militants, dans une ville sous haute sécurité, où 3 000 policiers et gendarmes ont été déployés tout le week-end.

Une « renaissance » sans « rupture brutale »
Au cœur de son allocution, la candidate a présenté une « renaissance » qui ne serait ni une « rupture brutale » ni une « révolution destructrice », mais une manière de « s’élever vers le beau ». Elle a affirmé que « la bataille du constat est gagnée » et que « tout le monde en France est d’accord avec ». Elle a aussi mis en avant la « civilité », qu’elle présente comme un remède à « l’ensauvagement » et comme « le chemin le plus sûr pour faire reculer la violence dans notre société ».
Cette orientation vise à rassurer ceux qui redoutent son accession au pouvoir, alors que la Cour de cassation pourrait rejeter son pourvoi et rendre définitive sa condamnation pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens, à quelques semaines du premier tour.
Marine Le Pen a réaffirmé sa volonté de nommer Jordan Bardella Premier ministre en cas de victoire, à la tête d’un gouvernement qu’elle souhaite « d’union nationale ». L’allié du RN Eric Ciotti a appelé ses « anciens amis » des Républicains à « revenir à la maison ». Le discours, optimiste et rassembleur, a conservé une ligne ferme sur la sécurité et l’immigration.
Un dispositif de sécurité et des incidents
Le dispositif a permis de tenir à l’écart, samedi, entre 13 000 et 26 000 manifestants venus dénoncer la tenue du congrès du parti. Dimanche, une centaine de militants antifascistes ont également été empêchés d’approcher du lieu du meeting.
Malgré ces mesures, une poignée d’activistes est parvenue à entrer dans la salle et à déployer une banderole visant Jordan Bardella : « Le racisme et l’antisémitisme, ça ne dérange pas le RN, au contraire ». Revendiquée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), l’action a donné lieu à une altercation avec le public et à une intervention du service d’ordre du RN. L’UEJF a annoncé une plainte pour violences en réunion.
Jordan Bardella a accusé « des militants d’ultragauche, qui se revendiquent de l’UEJF » d’être « venus accompagnés de Mediapart pour agresser et attaquer des militants ». Ces incidents n’ont pas détourné Marine Le Pen de son message, qui a continué à faire de la « civilité » le pilier de sa « renaissance ».
À l’issue du congrès, le maire d’Orléans a annoncé la levée immédiate de toutes les mesures de restriction qui ont paralysé la ville durant le week-end.
Marine Le Pen a enfin annoncé son intention d’inscrire dans la Constitution le « principe fondateur, inclusif et fraternel » de « communauté nationale », affirmant : « Il n’y a pour nous qu’une seule communauté, c’est la communauté nationale ».





