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Tourisme : après les émeutes et la couverture médiatique mondiale, le secteur redoute des annulations

  • La rédaction
  • 20 Oct 2026
  • Gestion

Les violences du 17 octobre dégradent l’image de la France à l’étranger. Alors que la presse internationale s’interroge sur la sécurité des voyageurs, plusieurs pays appellent leurs ressortissants à la vigilance, et la Malaisie recommande de reporter les séjours non essentiels. À l’approche des fêtes de Noël, les professionnels du tourisme redoutent une vague d’annulations, notamment parmi les clientèles américaines et asiatiques.

Tourisme : après les émeutes et la couverture médiatique mondiale, le secteur redoute des annulations



L’incendie de l’office de tourisme de Lyon, place Bellecour, en plein centre-ville, a valeur presque symbolique. Les professionnels craignent que les scènes de pillages et d’affrontements diffusées dans le monde entier ne découragent les visiteurs étrangers, alors que la France reste la première destination touristique mondiale. Cette inquiétude est d’autant plus vive que les vacances de fin d’année approchent.

De Paris à Lyon, les images des violences du week-end ont largement dépassé les frontières. Le quotidien britannique The Guardian, l’agence américaine Associated Press et la chaîne Euronews ont consacré plusieurs reportages aux affrontements, aux incendies et aux pillages. Euronews a également diffusé à destination de son public international une vidéo consacrée à l’incendie de l’office de tourisme lyonnais.

Ce sont surtout les touristes venus de loin qui pourraient renoncer à venir, 估 selon Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme. « L’impact sera beaucoup plus fort auprès des clientèles lointaines, que ce soit les clientèles asiatiques ou américaines, qu’auprès des clientèles européennes qui connaissent notre pays et qui reviendront à n’en pas douter lorsque les événements se seront calmés », explique-t-il à BFM Business.

Des touristes étrangers déjà inquiets

À l’étranger, ces images suscitent déjà des interrogations chez les voyageurs. « Nous étions inquiets. Nous ne savions pas quelles conséquences cela aurait sur notre voyage », confie Tim Healey, un Américain de 60 ans interrogé par Reuters devant l’Arc de Triomphe. Un touriste australien évoque, de son côté, une présence policière « un peu effrayante », tout en assurant se sentir globalement en sécurité.

La question d’un séjour en France se pose désormais ouvertement dans la presse étrangère. Le quotidien britannique The Independent a consacré un article à la question « Faut-il annuler ses vacances ? », tandis que le magazine américain Condé Nast Traveler recommande aux voyageurs d’éviter de réserver un hôtel à proximité des places de la République, de la Bastille ou de la Nation, à Paris.

Certains gouvernements ont également renforcé leurs recommandations. La Chine, l’Allemagne et l’Australie appellent leurs ressortissants à la vigilance et à éviter les manifestations. La Malaisie est allée plus loin : son ministère des Affaires étrangères a recommandé dès le 18 octobre à ses ressortissants d’envisager de reporter leurs voyages non essentiels en France, jusqu’à une amélioration de la situation. Aucune vague massive d’annulations de séjours n’a toutefois été établie pour l’heure.

Le précédent des gilets jaunes

Le tourisme français a déjà subi les effets de violences urbaines. Lors de la crise des gilets jaunes, pendant l’hiver 2018-2019, les nuitées de touristes étrangers en Île-de-France ont reculé de 4,5 % sur un an, selon l’Insee. L’institut statistique associait cette baisse notamment au mouvement social, sans lui en attribuer l’intégralité.

Reste à savoir si les violences du 17 octobre auront des conséquences comparables. « Si la crise s’arrête, on va retrouver une fréquentation à peu près normale très rapidement. En revanche, si elle se prolonge avec un feuilletonnage et des images de violences véhiculées partout dans le monde, là, l’impact pourrait être beaucoup plus long », prévient Didier Arino. Selon lui, certaines crises majeures ont nécessité « entre six mois et un an » pour retrouver leur niveau de fréquentation antérieur.

Pour le tourisme français, tout dépendra donc de la durée de la crise. De nouvelles images d’émeutes diffusées à l’étranger risqueraient de peser bien au-delà du seul week-end du 17 octobre.


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