L’Umih réclame » un maximum de sécurité » et une meilleure indemnisation après les pillages du week-end dernier
L’Umih, principal syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration, demande à l’État de garantir la sécurité des établissements et de les aider à rouvrir rapidement après les pillages et dégradations du week-end. Son nouveau président, Franck Chaumès, met aussi en garde contre la tentation de certains commerçants de « se défendre eux-mêmes ».

Lors d’une conférence de presse, Franck Chaumès, nouveau président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), a réclamé un « maximum de sécurité ». « Nos établissements ne sont pas des défouloirs et nos professionnels ne peuvent pas, manifestation après manifestation, payer la facture des violences (…) Le droit de manifester est fondamental mais rien ne justifie de casser ou de piller », a-t-il déclaré.
Selon un état des lieux provisoire, l’Umih dénombre entre 300 et 400 cafés, hôtels et restaurants touchés. Le gouvernement, de son côté, évalue à environ 3.000 le nombre de commerces pillés et dégradés samedi et dimanche, en marge des manifestations contre la vie chère.
Une assurance qui ne couvre pas toujours les émeutes
Les assureurs excluent en effet les dommages causés par des émeutes, sauf option spécifique. Franck Chaumès demande donc que, lorsque les établissements subissent des dégâts, « les préjudices soient reconnus et indemnisés ». Il évoque en particulier les commerçants qui n’ont pas « coché attentat/émeutes » dans leur contrat d’assurance.
Le gouvernement a créé en 2026 une garantie émeutes, destinée à transférer la responsabilité de l’État vers les assureurs. Les décrets d’application n’ont toutefois pas encore été pris.
Mardi, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures de soutien : le chômage partiel pour les salariés des commerces contraints de fermer, un prêt pouvant aller jusqu’à 50.000 euros auprès de Bpifrance, ainsi qu’un « fonds de soutien » destiné aux plus petits commerces, calé sur leurs pertes de chiffre d’affaires.
Des réflexes d’autodéfense inquiètent la profession
Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est prévue samedi, Franck Chaumès a tenu à alerter les pouvoirs publics sur l’envie de certains commerçants de « se défendre eux-mêmes ». Il cite l’exemple d’un restaurateur ayant fait appel à un service d’ordre d’une dizaine de personnes armées de battes de baseball. « Bien évidemment, on ne cautionne pas ça, mais notre rôle c’est aussi d’avertir les pouvoirs publics », a-t-il ajouté.
Ces déclarations rejoignent celles du PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, qui a appelé mercredi à ce que « l’ordre républicain s’exerce ». Il évoque l’inquiétude et la « colère » des commerçants, qui estiment que l’État « n’a pas su » les protéger, et relève que des « réflexes d’autodéfense » apparaissent « ça et là ».
Pour l’Umih, la période appelle aussi à « préparer l’avenir ». Le syndicat plaide pour des campagnes de communication « pour faire revenir les Français dans (les) centres-villes » et pour redorer l’image du pays à l’international.





