Pillages du 17 octobre : le gouvernement sommé d’agir vite
Les maires des grandes villes et les organisations professionnelles demandent une réponse rapide et une accélération des procédures d’indemnisation, après que des centaines de commerces ont été dégradés en marge des manifestations du 17 octobre. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit présider dimanche à 19h une cellule interministérielle de crise.

Après les saccages et les pillages de magasins survenus dans plusieurs villes de France, cette cellule doit notamment traiter des questions d' »économie-commerce », d' »assurance » et de « suivi judiciaire ». Des maires, en particulier ceux de Paris, Lyon, Marseille et Limoges, demandent des engagements de la part de l’exécutif.
Sur BFMTV, Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour et président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), estime que les dégâts pourraient se chiffrer en « centaines de millions d’euros ». Il réclame en conséquence une accélération des procédures d’indemnisation.
À Paris, le maire Emmanuel Grégoire a annoncé avoir demandé « la mise en place d’une cellule d’urgence dédiée aux commerçants victimes des dégradations ». Cette structure doit recenser les dommages et accompagner les commerçants concernés dans leurs démarches administratives et auprès de leurs assurances. Il souhaite également l’organisation, dès lundi, d’une « réunion exceptionnelle » réunissant notamment les représentants des commerçants, les chambres consulaires, les assureurs et les services de l’État.
« Notre objectif sera clair : identifier sans délai les difficultés rencontrées, simplifier les procédures et obtenir les réponses les plus rapides possibles pour permettre la réparation des dommages et la reprise des activités », ajoute-t-il.
De son côté, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a assuré dimanche matin, sur le réseau BlueSky, que le gouvernement et les services de l’État étaient « mobilisés auprès des entreprises et des commerçants affectés ».
Des dégâts considérables pour le commerce de centre-ville
Le réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI France) appelle, pour sa part, à « une réponse collective et rapide afin qu’aucun commerçant ne reste seul face aux conséquences de ces dégradations et de ces pillages inacceptables ». Dans un communiqué, l’organisation observe que ces violences ont touché des entreprises déjà fragilisées « par des années de crises successives, par la hausse des coûts et par la baisse de fréquentation des centres-villes ».
CCI France alerte sur les conséquences possibles pour ces entreprises : « Pour nombre d’entre elles, ces dégradations peuvent être le coup de trop ».
Les saccages et pillages survenus dans plusieurs grandes métropoles ont particulièrement visé des commerces situés dans les hypercentres et sur les principales artères commerciales. Alain Di Crescenzo, président de CCI France, cité dans le communiqué, réagit : « Nos commerçants n’ont pas besoin de ça. Ils se battent chaque jour pour faire vivre nos villes, et ce sont eux que les casseurs ont pris pour cible. C’est inacceptable ».





