Aéroports d’Allemagne et de France : les nouveaux contrôles automatisés ont surtout créé des files d’attente
Le nouveau système européen de contrôle aux frontières EES, obligatoire depuis le 10 avril, a provoqué de longues files d’attente dans plusieurs aéroports pendant l’été. Selon Eurocontrol, les aéroports d’Allemagne, puis de France, ont connu les queues les plus longues, sans que se produise le chaos annoncé par certaines compagnies aériennes.

Des alertes dès le printemps
Le dispositif, baptisé « Entry/Exit System », enregistre lors du contrôle d’un passeport, sous un portique électronique, les coordonnées et les données biométriques des voyageurs de pays tiers, hors Espace économique européen, ainsi que les détails de leur voyage pour entrer dans l’Union européenne et en sortir. Dès le printemps, les compagnies et certains gestionnaires d’aéroports avaient averti que ses défaillances risquaient de compromettre fortement la fluidité du trafic aérien. Ryanair, qui transporte le plus de passagers en Europe, dénonçait « un système informatique mal fichu » et déplorait que « les passagers en paient le prix ».
Les dysfonctionnements techniques ont en effet été nombreux. En Italie, des pannes de bornes automatisées ont provoqué à Milan et à Rome des files interminables, et ont reporté les flux vers les files réservées aux ressortissants européens. À Milan, plus de 100 passagers d’un vol Easyjet à destination de Manchester n’ont pas pu monter à bord, certains ayant raté leur avion après plus de trois heures d’attente.
Le bilan d’Eurocontrol
En juin, le secteur s’inquiétait de « dispositifs toujours pas pleinement opérationnels ». Marco Troncone, responsable des aéroports de la capitale italienne, estimait qu’une suspension du système était le seul moyen d’éviter « un désastre », selon le Financial Times. « Le processus s’avère incompatible avec les volumes de pointe auxquels nous allons être confrontés. La seule solution est donc d’ouvrir les vannes. Il est impossible de réaliser 100% des enregistrements prévus », affirmait-il.
Le bilan publié par Eurocontrol ne confirme pas ces craintes. Il porte sur six pays de l’espace Schengen à fort trafic aérien estival : l’Allemagne, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie et le Portugal. « Les résultats montrent clairement une incidence limitée au niveau du réseau, et décroissante au fil de la haute saison estivale », écrit l’organisme. Les difficultés se sont concentrées en Allemagne et en France, entre 9 heures et 13 heures. La part de passagers victimes d’un « retard code 86 », imputable aux autorités d’immigration, aux douanes ou aux services sanitaires, a augmenté de 5,3 points en Allemagne et de 4,2 points en France, de juin à août, par rapport à un an auparavant.
Eurocontrol juge la situation contrastée selon les mois. Dans ces six pays, « il y a eu une détérioration prononcée en juin, des résultats mitigés en juillet, et quelques améliorations par rapport à 2025 en août », a souligné l’organisme.





