France et Allemagne : ce que dit leur accord sur l’avenir du secteur en Europe
La France et l’Allemagne ont trouvé, lors du sommet européen de Bruxelles, un compromis provisoire sur l’avenir de l’industrie automobile. Paris accepte d’assouplir les objectifs environnementaux en échange d’une préférence européenne renforcée dans la production automobile. Cet accord doit encore recevoir l’aval du parti social-démocrate allemand (SPD).

La principale concession porte sur les émissions de CO2 des véhicules neufs. Les constructeurs devront les réduire de 90 % d’ici 2035, sans obligation de compenser les 10 % restants, contrairement à ce que prévoyait initialement la Commission européenne. Cette évolution est notamment justifiée par « l’utilisation croissante de carburants » renouvelables, dont les biocarburants. Il s’agit d’une mesure réclamée par l’Allemagne pour préserver son industrie automobile.
L’Allemagne accepte de renforcer le « Made in Europe »
D’autres assouplissements sont également envisagés. L’électrification des flottes d’entreprises pourrait intégrer certains véhicules thermiques à faibles émissions. Quant aux « supercrédits », initialement destinés à encourager la production de petites voitures électriques abordables, ils seraient étendus aux modèles électriques de plus grande taille.
En contrepartie, l’Allemagne accepte de renforcer le « Made in Europe » dès 2028. Les entreprises bénéficiant de financements publics devraient privilégier des composants produits dans l’Union européenne ou chez certains partenaires proches, notamment le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse. Berlin renonce ainsi à sa conception plus large du « Made with Europe ». L’intégration britannique constitue également un signal adressé à Londres avant le sommet UE-Royaume-Uni prévu le 20 novembre à Bruxelles.
Prochaine étape : convaincre les autres États
Les deux pays présentent ce compromis comme une « approche équilibrée », conciliant une « trajectoire ambitieuse de décarbonation européenne » avec les « réalités » du marché automobile. Paris et Berlin souhaitent désormais que les nouvelles règles environnementales et les dispositions sur la préférence européenne soient « adoptées aussi rapidement que possible et simultanément » par les institutions européennes.
Reste à convaincre les autres États membres et le Parlement européen. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a appelé à accélérer les discussions, avec pour objectif une adoption au début de 2027. Les organisations environnementales dénoncent régulièrement les concessions accordées aux constructeurs. Fin décembre 2025, la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, avait elle-même critiqué les assouplissements proposés par Bruxelles, pourtant moins importants que ceux envisagés dans ce nouveau compromis franco-allemand.





