Crédit Agricole : malgré près de deux milliards d’euros de bénéfice, son patron anticipe » une baisse des demandes de prêts » et des risques en hausse
Le Crédit Agricole a annoncé un bénéfice en hausse de 18% sur un an, à hauteur de 1,99 milliard d’euros pour le deuxième trimestre. Malgré ces résultats, son directeur général, Olivier Gavalda, s’est montré très prudent et estime que l’instabilité politique en France pourrait peser sur les prochains résultats du groupe.

La banque redoute en effet de subir les retombées d’une crise politique française. Lors d’une conférence de presse, le dirigeant a constaté que « les demandes d’investissement et les projets en France ralentissent globalement ». Il juge « fort probable » une baisse des demandes de prêts et, peut-être, une hausse des risques, tout en précisant : « Nous espérons évidemment que ce ne sera pas le cas, mais nous restons très prudents. »
Olivier Gavalda pointe notamment la difficulté d’adopter un budget sans recourir au 49.3 ou aux ordonnances. Dans ce climat d’incertitude, les coûts d’emprunt ont fortement augmenté, le taux de l’OAT à 10 ans ayant dépassé les 5% ces dernières semaines. Le dirigeant est surtout l’un des premiers responsables du CAC 40 à exprimer aussi clairement ses inquiétudes face à l’impasse budgétaire.
L’activité continue à bien se porter
Si les répercussions sur les banques françaises restent incertaines, toutes ont annoncé de larges bénéfices. Le Crédit Agricole craint toutefois que la hausse des coûts d’emprunt réduise les opportunités d’investissement. Les chiffres de la croissance, encore en recul au troisième trimestre, ne sont pas non plus de nature à rassurer les dirigeants.
La banque a par ailleurs renforcé ses provisions pour risque, consciente d’être exposée à des facteurs qu’elle ne contrôle pas. Ses pertes sur prêts ont augmenté, qu’elles proviennent de non-remboursements ou de marges négatives liées à la hausse des coûts de refinancement.
Le chiffre d’affaires des banques de détail françaises a malgré tout progressé de 17% sur un an, avec des croissances supérieures à 10% dans l’investissement et la négociation d’actions. Ces performances n’ont toutefois pas convaincu les investisseurs : l’action a plongé de plus de 1,5% ce vendredi et confirme une chute de plus de 15% depuis le début de l’année.





