Agroalimentaire : les « super-marges » des multinationales sont quatre fois supérieures à celles du secteur
Les multinationales qui fournissent les supermarchés, comme Coca-Cola, Danone ou L’Oréal, afficheraient des marges nettes « près de quatre fois plus élevées » que la moyenne de l’agroalimentaire national. C’est ce qu’indique une étude diffusée peu avant le coup d’envoi des négociations commerciales annuelles, à l’initiative des distributeurs.

D’après les données réunies par le cabinet Asterès pour la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), ces multinationales ont dégagé une marge nette moyenne de 13 % entre 2017 et 2025. Sur la période 2018-2024, la marge nette moyenne de l’ensemble de l’agroalimentaire français ressort à 3,5 %.
Un secteur hétérogène
Pour Judith Jiguet, directrice générale de la FCD, le secteur industriel est souvent présenté comme un ensemble homogène. « On nous présente tout le temps le bloc industriel comme un ensemble plutôt homogène […], mais on voit bien que c’est un groupe totalement hétérogène », souligne-t-elle.
Selon la responsable, les très grandes entreprises et les multinationales « se cachent derrière les petites » pour tenir un discours « disant « on va tous mal, on ne peut pas investir» ». Elle appelle à « les mettre en face de leurs responsabilités et de leurs choix stratégiques ».
Des bénéfices orientés vers les actionnaires
Le rapport observe également qu’entre 2022 et 2025, « en pleine crise inflationniste », le panel a redistribué 94 % de ses bénéfices nets aux actionnaires. Les analystes en concluent que « cela signifie que les multinationales cotées, fournisseurs de la grande distribution, sont résolument orientées vers la rémunération de l’actionnaire plutôt que vers l’investissement ». Cette analyse porte sur 33 des 53 multinationales habituées des négociations.
Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, enseignes et industriels fixent les tarifs des produits en rayon. Les marques de distributeurs et le frais ne sont pas concernés. Au moment de la publication de l’étude, un échange préparatoire se tenait, mais la FCD avait averti qu’elle ne « participera (it) pas […] tant que deux exigences fondamentales n’auront pas été reconnues et partagées par tous ». Ces deux exigences sont un statut distinct pour les PME et une réelle « transparence » sur le coût des matières agricoles.
Ces multinationales concentrent environ 75 % de la valeur des discussions.





