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Agroalimentaire : après seulement +0,05 % en 2026, les industriels espèrent de fortes hausses de prix

  • La rédaction
  • 2 Nov 2026
  • Gestion

Industriels de l’agroalimentaire et distributeurs se retrouvent ce lundi 2 novembre à Bercy, à l’initiative du gouvernement, à quelques semaines de l’ouverture des négociations commerciales annuelles. La réunion vise à préparer un cycle de discussions déjà tendu, alors que les premiers échanges laissent présager des débats difficiles.

Agroalimentaire : après seulement +0,05 % en 2026, les industriels espèrent de fortes hausses de prix



Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, distributeurs et industriels négocient les tarifs des produits de grandes marques que l’on retrouve ensuite dans les rayons des supermarchés. Ces discussions sont régulièrement difficiles, voire houleuses. Pour l’édition 2026-2027, le contexte est marqué par la guerre au Moyen-Orient et par un été caniculaire, qui ont renchéri les coûts de production.

La réunion, initialement prévue le 28 octobre, avait été reportée en raison de l’agenda des deux ministres concernés. Le ministre du Commerce, Serge Papin, qui accueille les participants avec la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a indiqué que l’objectif était de parvenir à un « pacte de responsabilité » et « d’équilibre », conciliant souveraineté alimentaire et pouvoir d’achat.

Des positions encore éloignées

Avant même cette rencontre, les principaux distributeurs avaient menacé de boycotter le rendez-vous, par la voix de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Celle-ci a évoqué des « préalables non négociables » et réclamé davantage de « transparence » de la part des industriels sur le coût de la matière première agricole, ainsi qu’un traitement différencié pour les PME.

Ces positions ont provoqué la colère du secteur agroalimentaire, qui reproche en retour à la grande distribution de ne pas tenir compte des surcoûts supportés par les entreprises à cause de la guerre au Moyen-Orient. Le président de La Coopération Agricole, Jean-Luc Duval, a estimé vendredi, dans un communiqué, qu’il fallait « commencer par regarder les réalités économiques de nos entreprises ». Il a rappelé que les négociations de l’an dernier avaient été « très difficiles », avec un résultat « pas tenable économiquement » pour les coopératives.

Un bilan 2026 en deçà des attentes

Selon le bilan de l’Observatoire des négociations annuelles, les industriels ont obtenu une hausse moyenne des tarifs de 0,05 %, tous produits confondus, à l’issue des discussions achevées au 1er mars 2026. Ils réclamaient 3,5 %. Certaines catégories, comme l’épicerie salée, les produits frais, les boissons et les produits laitiers, ont connu une baisse du prix net comprise entre –0,3 % et –0,5 %. Seuls les surgelés et l’épicerie sucrée ont enregistré une hausse d’environ 1 %, sans consensus entre industriels et distributeurs sur l’ampleur de cette hausse, selon l’observatoire.

Le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-François Loiseau, avait déjà regretté à la mi-octobre, dans une interview pour BFM Business, que « depuis 15 ans en France, l’agroalimentaire subit de la déflation tous les ans ». Il a fait exception des deux premières années de la guerre en Ukraine, où « il a fallu répercuter les hausses des matières premières ». « En France, on n’accepte pas l’inflation. Mais si on ne peut pas répercuter les charges sociales, l’énergie, les taxes, les entreprises meurent », a-t-il affirmé.

La fédération Pact’Alim, qui regroupe des PME et des ETI de l’agroalimentaire, a pour sa part appelé mercredi, dans un communiqué, à ce que le cycle de négociations qui s’ouvrira le 1er décembre ne reproduise pas « les déséquilibres constatés ces dernières années », dans un contexte « très instable ». Selon elle, « pour une majorité d’entreprises, les accords conclus [début 2026] ne couvraient pas la hausse de leurs matières premières agricoles et industrielles ».


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