Allemagne : ses réserves de gaz ne sont remplies qu’à 61,5 %, mais le pays se dit prêt pour l’hiver
Le gouvernement allemand assure que le pays « devrait traverser l’hiver dans de bonnes conditions », malgré des niveaux de stockage de gaz nettement inférieurs aux objectifs réglementaires. Une appréciation contestée par l’organisation du secteur, qui appelle à des mesures complémentaires.

Au 1er novembre, les réserves allemandes de gaz étaient remplies à 61,5 %, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI). Ce taux reste loin du seuil fixé par la réglementation, qui impose une moyenne de remplissage de 70 %, et du niveau moyen de près de 75 % observé dans l’Union européenne.
Malgré ce constat, une porte-parole du ministère allemand de l’Économie a affirmé à l’AFP que « l’approvisionnement en gaz de l’Allemagne est assuré pour l’hiver prochain », même avec les niveaux de remplissage actuels. Selon Berlin, la Commission européenne et l’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) partagent cet avis. La première économie européenne peut, d’après le gouvernement, mieux sécuriser ses approvisionnements grâce aux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) mis en service depuis la crise énergétique provoquée en 2022 par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Une organisation du secteur réclame des mesures supplémentaires
L’ouverture en 2025 d’un terminal à Wilhelmshaven, et prochainement d’un autre à Stade, dans le nord du pays, doit encore accroître ces capacités. Berlin indique que la majorité des stockages allemands affichent un taux de remplissage supérieur à 70 %. Les faibles niveaux de quelques sites, comme ceux de SEFE, ex-filiale allemande du géant russe Gazprom nationalisée en 2022, pèsent toutefois sur la moyenne nationale.
Fin septembre, la ministre de l’Économie Katherina Reiche a chargé SEFE d’acheter et de stocker 8 TWh supplémentaires de gaz d’ici au 15 décembre, afin de renforcer la sécurité d’approvisionnement face aux « risques géopolitiques ». Les effets de cette mesure ne sont pas encore pleinement visibles dans les niveaux actuels des réserves.
Dans un communiqué publié un dimanche, l’organisation allemande des stockeurs de gaz (INES), qui représente plus de 90 % des capacités allemandes, estime que les objectifs gouvernementaux de remplissage « n’ont pas été atteints ». Pour elle, il s’agit d’« un signal clair de la nécessité de renforcer les dispositifs de préparation hivernale ». Plutôt que de s’en remettre aux seules incitations du marché, l’INES plaide pour une obligation imposée aux fournisseurs de constituer des stocks suffisants avant l’hiver, une piste à laquelle le ministère s’est dit ouvert.
Sur les marchés, le prix du gaz européen a dépassé 100 euros le mégawattheure, pour la première fois depuis quatre ans. Cette hausse est attribuée à la guerre au Moyen-Orient et à des stocks plus bas que l’an dernier à l’approche de l’hiver.





