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Gaz européen : le cours atteint 100 euros le mégawattheure alors que les réserves d’hiver restent incomplètes

  • La rédaction
  • 28 Oct 2026
  • Gestion

Le gaz européen a dépassé la barre des 100 euros le mégawattheure (MWh) mercredi, pour la première fois depuis 2022. Le contrat de référence TTF néerlandais a brièvement touché 100,30 euros, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient, de stocks bas à l’approche de l’hiver et de baisse des exportations qataries de gaz naturel liquéfié (GNL). Vers 15 heures, il s’affichait en hausse de plus de 4 % à 99,97 euros/MWh.

Gaz européen : le cours atteint 100 euros le mégawattheure alors que les réserves d’hiver restent incomplètes



Ce niveau reste très inférieur aux sommets atteints au pire de la crise énergétique de 2022, à plus de 300 euros/MWh. Il demeure toutefois loin des niveaux d’il y a dix ans, lorsque le prix moyen oscillait généralement entre 15 et 25 euros/MWh.

Des stocks européens en retrait

À la mi-octobre, les stocks européens de gaz n’étaient remplis qu’à 74,10 %, contre 83,04 % à la même date l’an dernier, selon la plateforme Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI). L’Allemagne, premier consommateur du continent, est en retard, avec des réserves à 60,19 % contre 75,92 % un an plus tôt.

Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, estimait auprès de l’AFP que ces faibles niveaux « rendent l’Europe vulnérable à un temps froid et à de nouvelles perturbations des exportations de GNL en provenance du Moyen-Orient ». Le Qatar, premier exportateur de GNL de la région, « n’exporte actuellement qu’à 20–30 % de sa capacité », soulignait de son côté Norman Liebke, analyste chez Commerzbank. La perte durable d’une partie de cette offre alimente la concurrence entre acheteurs asiatiques et européens, ce qui fait monter les prix.

En France, ces hausses se répercutent déjà sur les factures des ménages. Après une hausse de 5,6 % au 1er septembre, puis de 6,3 % au 1er octobre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) annonce une augmentation de 6,6 % du prix repère de vente de gaz au 1er novembre, à 194,90 euros TTC le mégawattheure en moyenne. Sur les trois composantes de ce prix, l’acheminement, les taxes et l’approvisionnement, seule la dernière évolue à cette date, en raison d’une « augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois de septembre comparativement à août ».

Le pétrole suit la tendance

Les cours du pétrole ont eux aussi progressé. Vers 11 h 20, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, gagnait 1,12 % à 115,16 dollars, tandis que le West Texas Intermediate américain, pour la même échéance, prenait 1,81 % à 101,71 dollars. Le marché s’inquiète d’informations de presse évoquant une nouvelle campagne de frappes américaines contre l’Iran.

Selon le Wall Street Journal, qui cite des « personnes informées de ces conversations », les États-Unis ont demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une campagne courte et intense après les élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre. La semaine précédente, Donald Trump avait déclaré : « On fera peut-être un autre petit Epic Fury », en référence à l’offensive militaire américaine en Iran engagée le 28 février.

Kathleen Brooks, analyste chez XTB, anticipe pour sa part que le Brent « reste confortablement au-dessus de 110 dollars le baril, voire plus jusqu’après les élections de mi-mandat ». Une guerre de grande ampleur impliquerait, selon Arne Lohmann Rasmussen, « des attaques de représailles iraniennes contre les infrastructures énergétiques ». L’analyste note toutefois que « les initiatives diplomatiques peuvent provoquer des baisses temporaires des prix », tout en affirmant que son équipe « maintient scénario de prix élevés pour longtemps ».


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