Armée française : Mélenchon veut nationaliser Ariane, quitter l’Otan et refuser les 5 % du PIB
Dans son programme présidentiel publié ce vendredi 6 novembre, La France insoumise détaille le format d’armée qu’elle souhaite donner au pays si Jean-Luc Mélenchon accède à l’Élysée l’an prochain. Le parti y plaide pour le développement de « encapacitants stratégiques », comme le renseignement, la communication et la logistique.

Intitulé « L’avenir en commun », le document compte plus de 220 pages et environ 1.100 mesures, dont 238 sont nouvelles. Le financement de l’ensemble doit être dévoilé début 2027. Les questions de défense y figurent dans les grandes lignes, comme les autres thématiques.
Le parti reste fidèle au « non-alignement ». Il veut toujours organiser un retrait de l’Otan et « sortir la France de l’isolement occidental ». En cas d’arrivée au pouvoir, La France insoumise « rejettera le tribut, exigé par les États-Unis, de 5% du PIB consacré aux dépenses de défense ». Lors d’un sommet de l’Otan à La Haye en 2025, les pays membres de l’Alliance atlantique se sont engagés à investir 5% de leur PIB en faveur de la défense et de la sécurité en 2035, dont 3,5% pour les dépenses militaires et 1,5% pour des dépenses de sécurité plus larges. Aujourd’hui, la France consacre un peu plus de 2% de son PIB à sa défense.
« Démilitarisation de l’espace »
La sortie de l’Otan ne signifie pas, selon le parti, que la France refusera tout soutien militaire à ses partenaires européens. Le programme affirme que des traités sur l’Union européenne obligent « la France à porter secours à ses partenaires européens alliés », en s’appuyant sur la clause de défense mutuelle de l’UE. Dans un entretien à Politico en septembre, Jean-Luc Mélenchon avait déjà affirmé que « quitter l’Otan ne signifie pas que nous abandonnons la défense de nos frontières communes ».
Le programme veut aussi « créer un modèle d’armée basé sur les technologies de rupture », citant notamment le spatial, l’intelligence artificielle ou le cyber. Dans le domaine spatial, La France insoumise souhaite fermer le centre spatial de l’Otan à Toulouse, mettre en place « un pôle public du satellite » et mener une politique de « démilitarisation de l’espace ». Elle propose également de nationaliser ArianeGroup, fabricant de la fusée Ariane 6 et des missiles nucléaires M51. Cette entreprise stratégique est déjà placée sous étroite surveillance de l’État, mais son capital appartient aujourd’hui à deux groupes privés, Airbus et Safran, à hauteur de 50% chacun. L’État français est lui-même actionnaire de ces deux groupes.
Des « encapacitants stratégiques » au cœur du projet
Le parti souhaite aussi « doter la France d’un avion spatial souverain », en référence au Vortex, projet de coopération franco-allemande entre Dassault Aviation et OHB. Cet avion spatial réutilisable pourrait un jour transporter des astronautes, en alternative aux capsules. Un prototype, appelé à devenir l’engin opérationnel, est envisagé pour 2031.
Sur le format des armées, le programme ne évoque pas de hausse du nombre de Rafale, de frégates ou de porte-avions. L’effort porterait plutôt sur les « encapacitants stratégiques », qui doivent « garantir notre capacité d’action » et « faire l’objet d’un travail de production prioritaire ». La France insoumise veut en outre « réduire nos dépendances militaires dans ces domaines en développant des programmes souverains », avec par exemple une « alternative à Starlink ».
Selon un sondage Ifop pour LCI, le duel du second tour opposerait dans tous les cas de figure Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de La France insoumise oscille entre 17,5% et 18% des intentions de vote au premier tour, avec un écart d’au moins deux points sur Édouard Philippe, son poursuivant.





