L’ASNR lance une grande consultation
Les réacteurs nucléaires français n’ont pas de limite d’âge légal, mais l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) n’a pas identifié, au terme de son analyse technique, d’obstacles à leur poursuite de fonctionnement au-delà de 60 ans. Plusieurs sujets techniques nécessitent toutefois encore des travaux conséquents de la part d’EDF.

Sur les 56 réacteurs français, la majorité a été mise en service dans les années 1980 et approche donc bientôt les cinquante ans. Leur retraite théorique est fixée dans les années 2040. Sans attendre cette échéance, le régulateur, encore appelé Autorité de sûreté nucléaire, a demandé dès 2022 à EDF d’étudier la poursuite du fonctionnement des réacteurs au-delà de 60 ans, afin d’identifier les obstacles éventuels et les sujets techniques majeurs. En 2024, l’énergéticien a établi une feuille de route en ce sens.
Pas d’obstacles identifiés, mais des travaux restants
Deux ans plus tard, l’ASNR fait savoir qu’elle n’a pas identifié d’obstacles, tout en précisant que « plusieurs sujets techniques nécessitent encore des travaux conséquents de la part d’EDF afin de confirmer l’efficacité des leviers correspondants et de constituer une démonstration de sûreté ».
Lors de son audition par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sur ce projet d’avis, Pierre-Marie Abadie, président de l’ASNR, a précisé la portée du document : « Ce n’est ni un réexamen anticipé des 60 ans ni une autorisation de prolongation anticipée. » L’autorité rappelle que « la découverte de nouveaux phénomènes limitants […] reste possible », et que la prise de position sur la poursuite de fonctionnement de chaque réacteur est conditionnée aux résultats des réexamens périodiques.
Une consultation publique jusqu’au 2 décembre
Le projet d’avis sera soumis à la consultation du public jusqu’au 2 décembre, en vue de la publication d’un avis définitif en janvier 2027. Pour M. Abadie, ce document n’a pas vocation à trancher la question de la prolongation des centrales. « C’est une brique que le gouvernement pourra utiliser dans ses propres travaux, et non une étude d’impact sur la prolongation des centrales. Nous veillons à rester dans notre rôle de sûreté », a-t-il confié à l’issue de son audition.





