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Dette française : Moody’s maintient sa note et conserve une perspective négative

  • La rédaction
  • 27 Oct 2026
  • Gestion

Moody’s a maintenu la note de la France à Aa3, un choix qui va à rebours de la plupart des observateurs, qui attendaient une dégradation. L’agence conserve toutefois une perspective négative, ce qui signifie qu’elle n’exclut pas un abaissement futur.

Dette française : Moody’s maintient sa note et conserve une perspective négative



Vendredi soir, l’agence de notation américaine a conservé inchangée son appréciation de la qualité de crédit de l’État. La France reste notée Aa3, soit un cran au-dessus de Fitch et de S&P, qui lui ont toutes deux retiré son double A il y a un an. Selon la nomenclature de Moody’s, la dette française demeure un actif de qualité « élevée », assorti d’un risque de crédit « très faible ».

La perspective négative repose notamment sur le risque que le Parlement se montre incapable de prendre des mesures pour redresser les finances publiques. Moody’s craint aussi que « les réformes structurelles antérieures, notamment sur les retraites » soient durablement mises en pause, voire inversées. Ce message s’adresse directement aux parlementaires qui examinent actuellement le projet de budget pour 2027.

Un contexte économique et financier tendu

Depuis l’été, le taux des obligations assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans progresse sensiblement, et de plus en plus rapidement. Mercredi, il a franchi la barre des 5%, un niveau jamais atteint depuis 2002.

La guerre au Moyen-Orient a provoqué un fort ralentissement de l’économie française. Le gouvernement ne table plus que sur une hausse modeste du PIB de 0,5% cette année, deux fois moins que la prévision initiale. Parallèlement, la flambée des taux d’intérêt a fait grimper la charge de la dette de 5 milliards d’euros par rapport à la prévision initiale. Elle atteindra 79 milliards cette année, selon Bercy, et devrait franchir le cap symbolique des 100 milliards dès 2028.

Face à ces difficultés, le gouvernement a officiellement renoncé à faire revenir le déficit public à 5% du PIB cette année, contre 5,1% l’an dernier. Il cherche désormais à le contenir à 5,4%. Dans le scénario de Moody’s, le déficit ne serait que très modestement réduit en 2027, à 5,2% du PIB, alors que le gouvernement ambitionne de le ramener à 5%. L’agence estime également que le poids de la dette continuera d’augmenter jusqu’à la fin de la décennie.

Des risques politiques et sociaux

Moody’s met en avant les risques politiques et sociaux qui pèsent sur la trajectoire budgétaire. Ses analystes relèvent que « de larges mouvements de protestation sociale ont éclaté, ce qui pourrait limiter les efforts de consolidation budgétaire ». Ils font toutefois l’hypothèse qu’un budget pour 2027 sera finalement adopté, « possiblement par ordonnances », et que les coûts de financement comme les tensions sociales vont « quelque peu s’atténuer dans les prochains mois ».

L’agence anticipe que le prochain président de la République et le prochain gouvernement devraient logiquement tenter de redresser les comptes. Elle juge pourtant qu’ils « ont peu de chance de parvenir à mettre en œuvre un assainissement budgétaire rapide, face aux tensions sociales, à un environnement politique qui devrait rester fragmenté et à une croissance modérée du PIB ».

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, s’est félicité de la décision dans un communiqué. « Cette décision est la reconnaissance de la solidité de notre économie et de la crédibilité du budget présenté par le gouvernement », a-t-il déclaré. Il y voit aussi « un appel à la responsabilité » pour adopter un budget ramenant le déficit public à 5% du PIB, une cible qu’il qualifie d' »intangible ».


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