Paris et les élus de la proche banlieue : le torchon brûle
Le théâtre Claude Debussy de Maisons-Alfort accueille, mardi 20 octobre au soir, la dernière réunion de concertation publique sur le projet de verdissement du réseau de chaleur urbain grand parisien « Thermo-sur-Seine ». Le projet, qui prévoit la création d’une chaufferie à Vitry-sur-Seine, fait l’objet de débats, notamment en raison de son lien avec la concession du réseau parisien.

Le projet prévoit de déployer une plateforme fluviale à Ris-Orangis et de créer une chaufferie à Vitry-sur-Seine, alimentée principalement en combustibles solides de récupération (CSR). Cette installation produirait de la vapeur destinée au réseau de chaleur de Paris et de seize communes de la métropole. Elle serait implantée sur le site de l’ancienne centrale thermique d’EDF, dans le quartier des Ardoines.
Les villes de Paris et de Vitry figurent en tête de l’organisation, tandis que le département du Val-de-Marne et le territoire Grand Orly Seine Bièvre interviennent en second. La réunion de clôture de la concertation est prévue le 29 octobre à la mairie de Vitry.
Un énième incinérateur ou une chaufferie ?
Le débat s’est cristallisé autour de l’attribution de la concession du réseau de chaleur urbain parisien. Le 25 novembre, la municipalité a annoncé qu’elle confiait cette concession, moyennant 15 milliards d’euros et pour une durée de vingt-cinq ans, au groupement formé par Dalkia, Eiffage et RATP Solutions Ville. Ce groupement doit succéder, le 1er janvier 2027, à la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), en place depuis 1927 et détenue à deux tiers par Engie et à un tiers par la Ville.
Le Conseil de Paris a validé ce choix le 17 décembre, non sans heurts, alors que la campagne municipale était en cours. La droite menée par Rachida Dati s’interroge sur la robustesse des choix économiques et technologiques retenus. Le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel s’indigne, de son côté, et propose de reporter l’échéance au 31 décembre 2027, soit neuf mois après le scrutin.
Cette proposition n’a pas convaincu l’exécutif d’Anne Hidalgo, qui fait valoir qu’un tel délai aurait été considéré par la Commission européenne comme « une aide illégale d’État ».





