Emmanuel Macron part sur le front du pétrole dans le Golfe pour » sécuriser nos approvisionnements » de carburants
Le président de la République, Emmanuel Macron, doit se rendre au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar. Son objectif est de sécuriser des volumes de pétrole et de diesel afin de faire baisser les prix à la pompe. L’Élysée a maintenu ce déplacement, prévu de lundi à mercredi, malgré les violences survenues samedi lors de manifestations « contre la vie chère ».

Une tournée maintenue malgré la crise
Critiqué après ce week-end de violences, le chef de l’État a justifié son déplacement dans son allocution en expliquant qu’il visait à « sécuriser nos approvisionnements ». Les manifestants ont notamment exprimé « une inquiétude (…) sur le prix des carburants ». Emmanuel Macron entend, selon l’Élysée, renforcer avec ces quatre pays des « partenariats stratégiques et économiques » bilatéraux.
Le président ne se rendra pas en Arabie saoudite. Il a en revanche décidé d’y envoyer, fin septembre, des militaires français pour protéger le port de Yanbu, un important terminal pétrolier. Selon l’Élysée, l’objectif est « d’avoir des volumes supplémentaires qui permettront d’avoir plus d’approvisionnement pour les Français avec, de façon indirecte, un effet sur les coûts ». La présidence espère également obtenir « un certain nombre d’engagements » des pays hôtes.
Le chef de l’État sera accompagné de hauts responsables de TotalEnergies et d’Engie, les deux plus grands groupes énergétiques français. Il s’agit de répondre à une situation tendue sur les marchés. Les prix de l’énergie sont lourdement affectés par le blocus du détroit d’Ormuz, par lequel transitait 20 % du pétrole mondial avant la guerre entre les États-Unis et l’Iran. S’y ajoutent les attaques des rebelles houthis pro-iraniens du Yémen contre l’Arabie saoudite, ainsi que les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, une autre voie maritime majeure reliant l’Europe à l’Asie.
Des stocks stratégiques et des doutes sur les résultats
Pour faire retomber la pression sur les hydrocarbures, la France agit aussi dans le cadre du G7, dont elle assure la présidence cette année. Début octobre, les pays du groupe sont convenus de prélever jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut sur leurs stocks stratégiques, dans un délai de quatre mois.
Des experts restent toutefois sceptiques quant à la capacité du président à obtenir des engagements sur des volumes significatifs pendant son déplacement. Le professeur de droit Benjamin Morel, interrogé par l’AFP, met en garde : sur le plan politique, ce voyage à l’étranger en pleine crise « apparaît comme déconnecté des enjeux nationaux et peut donner une forme de sentiment de vide du pouvoir ».
Pour Thierry Bros, professeur à Sciences Po à Paris et spécialiste des questions énergétiques, la position de la France est affaiblie auprès des monarchies du Golfe. « D’abord, il est totalement décrédibilisé par rapport aux monarchies du Golfe. Depuis 10 ans, il explique qu’on a besoin de moins de pétrole. Et pour acheter, il faut un carnet de chèques et le carnet de chèques français, il n’a plus beaucoup de feuillets », relève-t-il.





