Le nouvel aéroport de Sydney ouvre ses portes, mais sans métro il faut compter trois heures pour s’y rendre
Le nouvel aéroport international de Western Sydney, baptisé Nancy-Bird Walton, a accueilli lundi son premier vol international de passagers. Situé à 45 kilomètres du centre-ville, il doit soulager l’aéroport de Kingsford Smith, dont le trafic approche de la saturation. Son accessibilité en transports publics soulève toutefois une question.

Un avion d’Air New Zealand a décollé lundi matin, inaugurant ainsi une liaison régulière. « Ce n’est pas tous les jours que l’on prend part à l’ouverture d’un aéroport international flambant neuf », s’est réjouie la cheffe des opérations de la compagnie néo-zélandaise, Kate Boyer. Le site, doté d’une unique piste, avait déjà accueilli un premier vol intérieur de passagers dimanche, après l’ouverture aux liaisons d’avions cargo en juillet.
La construction de l’installation a coûté 5,3 milliards de dollars australiens (3,3 milliards d’euros). Contrairement à Kingsford Smith, soumis à des restrictions de vol la nuit pour ne pas gêner les riverains, Nancy-Bird Walton fonctionnera sept jours sur sept et 24h sur 24, à l’image de l’aéroport de Dubaï. L’aéroport principal de la ville du sud-est australien, lui, a été ouvert il y a plus d’un siècle.
Un aéroport sans couvre-feu
Le directeur général, Simon Hickey, a tenu à rappeler que la nouvelle infrastructure est exempte de limitations horaires, appelées « couvre-feu », promettant ainsi « aux compagnies aériennes une plus grande flexibilité ». Selon les autorités de l’aéroport, Qatar Airways, Fiji Airways et Vietjet Air doivent commencer à desservir le site courant 2027. Dix millions de voyageurs annuels sont visés à court terme, puis 35 millions d’ici 2035.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a salué l’ouverture d’un « nouveau et merveilleux chapitre » pour le pays. Il a estimé qu’elle permettait de stimuler l’économie de la banlieue de Sydney, une zone encore éclipsée par le centre-ville.
Un accès encore limité par les transports
Les médias australiens pointent toutefois un problème de taille, à savoir l’accès en transports publics. L’aéroport se trouve à 45 kilomètres du centre-ville à vol d’oiseau, et à environ 60 kilomètres par la route. Une ligne de métro est en cours de construction, mais elle a pris du retard et ne sera pas achevée avant au moins un an. Pour le moment, un seul bus dessert le site.
Interrogés par la BBC, des habitants de Sydney estiment que rejoindre le nouvel aéroport peut prendre plusieurs heures, même pour ceux qui vivent à l’ouest de la ville. « 3h30 en bus contre 40 minutes en voiture, c’est mauvais », tranche une habitante, tandis qu’un autre résume : « On attendra que le métro soit opérationnel pour y aller. »





