Russie : un radar géant sort de terre dans son enclave coincée entre deux pays de l’OTAN
Moscou aurait construit une importante installation radar dans son enclave de Kaliningrad, près de la ville de Gvardeysk. Selon des images satellites, ce dispositif pourrait détecter avions, missiles et navires de guerre jusqu’à 3.200 kilomètres, étendant la surveillance russe vers l’Europe du Nord et de l’Ouest, jusqu’au Royaume-Uni.
- Moscou a construit une grande installation radar à Kaliningrad, capable de détecter au-delà de 3.200 km.
- Ce radar pourrait surveiller toute l'Europe du Nord et de l'Ouest, y compris la France.
- Il s'agit peut-être d'un radar transhorizon, utilisant l'ionosphère pour étendre la portée de détection.
- Une telle technologie rappelle un ancien radar soviétique utilisé pendant la Guerre froide.

Ces images ont été analysées par l’entreprise finno-polonaise ICEYE et publiées par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le Times rapporte de son côté que le dispositif pourrait considérablement élargir les capacités de surveillance de Moscou dans ces régions.
Le site se trouve dans l’enclave de Kaliningrad, un territoire fortement militarisé qui borde la Pologne et la Lituanie, deux membres de l’OTAN. D’après les informations publiées, il comprend trois structures rayonnantes formées de mâts d’antenne, chacune s’étendant sur environ 500 mètres. La configuration laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un radar transhorizon (OTH, pour Over-The-Horizon), capable de détecter des cibles au-delà de la portée des radars conventionnels, limités par la ligne de visée directe et la courbure terrestre.
Ce type de radar émet des ondes radio à haute fréquence qui se réfléchissent sur l’ionosphère avant de revenir vers la surface terrestre. Sa portée estimée, comprise entre 885 et 3.200 kilomètres, pourrait permettre à Moscou de suivre une partie importante de l’activité militaire en Europe.
Une portée théorique qui couvre la France
La France pourrait elle aussi être concernée. Paris se situe à environ 1.450 kilomètres de Gvardeysk, Lyon à 1.600 kilomètres et Marseille à 1.850 kilomètres. Avec une portée théorique pouvant atteindre plusieurs milliers de kilomètres, l’ensemble de la France métropolitaine entrerait ainsi dans le rayon d’action de cette installation, qui serait capable de détecter des activités militaires jusque dans le ciel français.
Reste toutefois à savoir si l’orientation des antennes et les capacités réelles du site, encore en construction, permettraient effectivement à Moscou de surveiller l’espace aérien français.
Un précédent de la Guerre froide
Située sur les rives de la mer Baltique, entre la Pologne et la Lituanie, l’enclave de Kaliningrad constitue un point stratégique pour la surveillance du flanc oriental de l’Alliance atlantique. Moscou a déjà utilisé cette technologie avec le radar « Douga », l’un des radars transhorizon les plus connus jamais construits.
Érigé pendant la Guerre froide à proximité de la centrale nucléaire de Tchernobyl, ce géant d’acier culmine à près de 150 mètres de hauteur pour environ 500 mètres de largeur. Surnommé le « Pic-vert russe », il doit sa notoriété au signal radio répétitif qu’il émettait, un claquement à basse fréquence qui parasitait les émissions radio dans le monde entier. Désaffectée, la structure se dresse toujours dans la zone d’exclusion de Tchernobyl.





