Automobile : le groupe suspend la production de quatre usines françaises jusqu’à la fin du mois
Stellantis suspend temporairement l’activité de quatre de ses sites de production en France, Rennes, Sochaux, Poissy et Mulhouse, jusqu’à la fin du mois d’octobre. Cette décision, prise en raison de difficultés d’approvisionnement en batteries et de la nécessité de désengorger les stocks, place plus de 10.000 salariés et intérimaires en chômage partiel ou technique.

Selon un article de France 3 Bretagne, 8.400 salariés se retrouvent au chômage partiel pour plusieurs semaines, auxquels s’ajoutent 1.900 intérimaires en chômage technique. L’usine de Mulhouse (Haut-Rhin) est à l’arrêt pour deux semaines depuis la fin de la semaine précédente, celle de Poissy (Yvelines) est interrompue depuis lundi, tandis que Rennes (Ille-et-Vilaine) et Sochaux (Doubs) s’arrêteront respectivement jeudi et vendredi, pour une dizaine de jours.
Des difficultés d’approvisionnement en batteries chez ACC
Pour les sites de Rennes et de Sochaux, l’arrêt découle directement de difficultés d’approvisionnement en batteries électriques. Le fournisseur concerné est Automotive Cells Company (ACC), une coentreprise détenue par Stellantis, Totalenergies et Mercedes-Benz. L’usine de Douvrin (Pas-de-Calais) ne parvient pas à suivre le rythme imposé par le succès des Peugeot 3008, 5008 et Citroën C5 Aircross.
« On tourne vraiment au maximum de nos capacités actuelles », a réagi lundi matin Matthieu Hubert, secrétaire général d’ACC, au micro de France Inter. Alors que les ventes de véhicules électriques s’envolent dans le contexte de la crise des carburants, la principale usine de batteries du groupe devrait pouvoir doubler sa production l’an prochain, selon ce porte-parole.
Déstockage à Poissy et Mulhouse
La logique diffère pour les sites de Poissy et de Mulhouse, où l’interruption répond à des objectifs financiers et de gestion des stocks. L’activité d’assemblage de Poissy prendra fin en 2027 pour laisser place à une reconversion dans le recyclage. D’ici là, la priorité reste de vider les entrepôts. À Mulhouse, la production des Peugeot 308 et 408 ralentit, dans l’attente de nouvelles générations de ces modèles, annoncées prochainement.
« Il faut que fin octobre, les stocks soient le plus proches de zéro possible, pour les attributions de crédit et donc pour être bien noté », indique Brahim Aït Athmane, représentant FO à Poissy.
Fin 2025, Stellantis avait déjà eu recours au chômage partiel dans six usines en Europe. Le groupe, qui compte 14 marques, traverse une période délicate : il a consommé 10 milliards d’euros de trésorerie en deux ans, pénalisé par les impayés et les stocks aux États-Unis. Son action a par ailleurs été divisée par six depuis son pic de mars 2024.





