Maïs : les producteurs estiment une chute de 50 % de la récolte en 2026, du jamais vu depuis 50 ans, et demandent l’aide de l’État
La récolte de maïs 2026 est en chute de 50 % par rapport à l’année précédente, selon les estimations de l’AGPM, la principale association de producteurs de maïs, qui appelle l’État à apporter son aide. Les pertes des exploitants sont évaluées par l’association à 2,5 milliards d’euros.

Une production au plus bas depuis 1976
La récolte, presque terminée en France, atteint quelque 7 millions de tonnes de maïs grain, son niveau le plus bas depuis 1976. Les responsables de l’AGPM, qui ont présenté ces chiffres lors d’une conférence de presse mardi, attribuent cette baisse à une diminution des surfaces cultivées, mais surtout à la sécheresse et aux canicules. Celle de fin juin a été particulièrement nocive pour les plants.
Les données publiées par d’autres acteurs diffèrent légèrement. Mi-octobre, le service des statistiques du ministère de l’Agriculture, Agreste, estimait la récolte à 7,3 millions de tonnes, contre 13,6 millions de tonnes en 2025. Le cabinet d’analyse Argus Media prévoyait, de son côté, 6,9 millions de tonnes.
Franck Laborde, exploitant dans les Pyrénées-Atlantiques et président de l’AGPM, rattachée à la FNSEA, le syndicat agricole dominant, résume la situation ainsi : « Nous avons franchi un cap supplémentaire. Cette année, la catastrophe est arrivée. »
Un soutien de 450 euros par hectare réclamé
L’association demande au gouvernement d' »agir sans délai pour sauver les exploitations et assurer la campagne 2027″. Pour un coût estimé à 900 euros par hectare, elle réclame un soutien de 450 euros, qui constitueraient, selon Franck Laborde, « des dépenses évitées et une aide en espèces sonnantes et trébuchantes ».
L’AGPM souhaite également que les exploitants puissent déroger à l’obligation de planter des couverts sur les parcelles, entre la récolte de maïs et les semis du printemps. Ce dispositif, qui vise à enrichir les sols, coûte quelque 200 euros l’hectare. « Nous ne remettons pas en cause ces couverts mais cette année les sols sont trop secs et les agriculteurs n’ont pas les moyens d’effectuer cette dépense », a déclaré le président de l’association, qui affirme que Bruxelles a donné son accord à cette dérogation.
Les 250 euros restants réclamés par l’AGPM, comme par l’ensemble des associations de producteurs de grandes cultures, correspondent à des aides déjà prévues mais parfois mal calibrées, selon l’association. Il s’agit notamment des aides à l’achat d’engrais azotés, des exonérations de taxes sur le foncier non bâti et de soutiens régionaux.
Sur ce dernier point, l’AGPM demande un élargissement des dates d’ouverture du guichet d’aides à l’achat d’engrais. Ce guichet est ouvert d’août à fin décembre, alors que les producteurs de maïs achètent leurs engrais en février et en mars. Selon l’association, seulement 10 % de l’enveloppe de ce guichet avait été consommée à mi-octobre.





