Bonbons : les Français engloutissent plus de 160 millions d’euros par an
Halloween reste un rendez-vous incontournable pour les fabricants de bonbons. En 2025, les ventes de confiseries pour cette fête ont atteint 161,5 millions d’euros en France, pour près de 18.400 tonnes de produits écoulés, selon le syndicat des Confiseurs de France. Les volumes continuent de progresser, mais le chiffre d’affaires, lui, ne suit plus.

L’attrait du rayon friandises touche tous les âges. Thibaut, quarantenaire parisien, en est un exemple. Consommateur régulier de sucreries, il a récemment acheté un « paquet noir et flashy marketé Halloween », avec des tarentules et des serpents gélifiés, vendu dans son supermarché. Son verdict : « plaisant mais un peu décevant ». Il prévoit malgré tout de retourner au magasin avec son enfant.
Plus de bonbons vendus, mais un chiffre d’affaires stable
Six Français sur dix célèbrent désormais Halloween, selon l’Obscoco (Observatoire Société et Consommation), qui souligne un attrait particulier chez les 18-24 ans et les foyers avec de jeunes enfants. Selon le cabinet d’études de marché NielsenIQ, la fête représente, en 2025, 13 % des volumes annuels de douceurs vendues en France, et entre 12 % et 15 % du chiffre d’affaires annuel des confiseurs.
Entre 2023 et 2025, les quantités vendues ont augmenté de 3,4 %. Sur la même période, les ventes en valeur sont restées quasiment stables, selon le syndicat des Confiseurs de France. Ce décalage pourrait s’expliquer par l’évolution des prix, qui commencent à refluer après des hausses importantes.
Une politique des prix face à l’inflation
D’après les données de Que Choisir, les 50 millions de paquets de bonbons pour Halloween devraient coûter en moyenne 4 % moins cher en 2026 que l’année précédente, après une baisse de 3 % en 2025. Ce recul ne suffit pas à effacer la hausse de 21 % enregistrée en 2023, attribuée à l’envolée du prix du sucre.
Virginie Orezzi, directrice marketing et R&D de Haribo France, premier vendeur de confiseries en France, nuance cette lecture. « Il y a aussi l’emballage, le transport, etc. et l’inflation, comme dans toutes les catégories, n’est pas liée à une matière première comme le sucre », explique-t-elle. Le groupe, qui dispose de deux usines à Uzès (Gard) et à Marseille (Bouches-du-Rhône), indique avoir développé cette année une gamme de sachets dont les prix sont inférieurs à ceux proposés auparavant. Le prix moyen d’un sachet de bonbons acheté en France, tous formats confondus, s’élève à 2,10 euros. « L’objectif étant d’être un petit plaisir à petit prix », insiste la responsable.
Sur un an, le budget moyen d’un foyer pour les confiseries atteint 41,50 euros, sans grande évolution depuis trois ans. Le syndicat des Confiseurs de France juge ce montant « raisonnable et accessible à beaucoup de Français ». Les consommateurs tiennent à leurs friandises, mais ils refusent d’augmenter leurs dépenses.
Faire plaisir et créer du lien social
Au-delà des chiffres, Halloween se vit surtout à l’échelle du quartier. Près de Toulouse, Magali P., quinquagénaire, s’y est mise « depuis quelques années ». Sa porte est décorée de fausses toiles d’araignée et d’un squelette en carton, et elle prévoit « deux-trois paquets pour les enfants qui font le tour du quartier avec leur sac à bonbons ». « On voit les enfants du quartier, on parle un peu avec leurs parents qui les accompagnent, ça change de tous les jours », raconte-t-elle.
Ce porte-à-porte concerne, selon Virginie Orezzi, 75 % des foyers français. Pour y répondre, Haribo France propose deux formats appréciés, les mini-sachets individuels et les seaux remplis de petits paquets. « C’est plus hygiénique et rassurant pour les personnes qui distribuent, mais aussi les enfants et les parents qui reçoivent les bonbons », ajoute-t-elle, en soulignant également « la variété » de ces sachets. « Cette fête, c’est pour faire plaisir. Ceux qui distribuent ont envie de faire plaisir. Et les enfants sont ravis ».





