Commerces : les manifestations d’octobre 2026 provoquent des pertes majeures
Les manifestations contre la vie chère d’octobre 2026 ont laissé un lourd bilan pour le commerce de proximité, entre dégâts matériels, pertes économiques et incertitudes sociales. Selon CCI France, qui regroupe les Chambres de commerce du pays, « 2 500 boutiques ont été dégradées sur l’ensemble du territoire, dont près de la moitié victimes de pillages ».

Le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, revoit ce chiffre à la hausse. Dans un entretien au journal Le Parisien, mardi 27 octobre, il évoque « 3 000 structures touchées, dégradations et pillages inclus ». Les dégâts sont tels que « 640 commerces sont encore fermés et ne risquent pas de rouvrir de sitôt en raison des nombreux dégâts occasionnés ». Pour nombre d’entre eux, des mois de travaux seront nécessaires avant une éventuelle réouverture.
Pour les commerces de centre-ville, les conséquences sont immédiates : « les samedis de manifestations se sont soldés par des pertes de revenus de 80% ». La désaffection des clients, qui évitent désormais les zones touchées par les violences, aggrave encore la situation.
Des pertes économiques majeures
Le montant total des dégâts dépasserait le milliard d’euros, selon les premières estimations des Chambres de commerce et d’industrie. Les pertes de chiffre d’affaires inquiètent d’autant plus que la période approche des fêtes de fin d’année, décisive pour de nombreux établissements. Il faut rappeler que « novembre et décembre représentent 40% du chiffre d’affaires annuel des commerces de proximité ».
Les menaces de nouvelles mobilisations dans les prochaines semaines pèsent sur le moral des professionnels. Elles compliquent aussi le maintien des embauches prévues pour la fin de l’année : « il est aujourd’hui difficile de dire si les embauches prévues dans les commerces en fin d’année seront maintenues ».
Un environnement déjà fragilisé
Cette crise touche des commerçants dont l’environnement était déjà dégradé. Après la crise des gilets jaunes en 2018, puis la pandémie de Covid-19, « les commerçants sont à bout, le sentiment d’usure est de plus en plus grand ». La consommation est freinée par une inflation qui perdure. Les plateformes chinoises, qui proposent des produits de grande consommation à des prix cassés, renforcent par ailleurs la pression sur les marges et sur la fréquentation des boutiques physiques.
Face à cette situation, les Chambres de commerce et d’industrie s’organisent « comme elles peuvent pour venir en aide aux commerçants sinistrés en attendant les aides de l’Etat ». Le soutien combine aide matérielle et logistique et accompagnement psychologique, avec notamment des cellules proposées par l’Apesa (Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë).
Après les pillages, « plus de 1 700 annonces suspectes ont été supprimées des plateformes de revente en ligne, selon le gouvernement ». Cette mesure vise à limiter la circulation des biens issus des vols et à soutenir les commerçants victimes de ces actes.





