Emploi : vingt ans après le CPE, les candidats recherchent toujours un CDI
Les recherches de « CDI » sur la plateforme Jooble ont progressé d’au moins 60 % en un an, contre environ 12 % pour l’ensemble des recherches d’emploi. Vingt ans après la mobilisation contre le CPE, le souhait de stabilité des chercheur·se·s d’emploi semble inchangé, même si la manière de chercher a profondément évolué.

En 2006, étudiant·e·s et jeunes actif·ve·s défilaient contre un contrat réservé aux moins de 26 ans, conçu pour encourager l’embauche, qui permettait à l’employeur·se d’y mettre fin sans motif pendant les deux premières années. Les syndicats ont compté jusqu’à 3 millions de manifestant·e·s au plus fort du mouvement, et le gouvernement a abandonné la mesure le 10 avril 2006.
Vingt ans plus tard, les données de recherche de Jooble pour la France montrent comment la recherche d’emploi a changé. Au printemps 2006, trouver un job d’été passait souvent par le dépôt de CV imprimés dans les commerces, les campings et les restaurants, et par la lecture attentive du journal local.
Le job d’été, de l’annonce papier à la recherche en janvier
Aujourd’hui, la recherche commence sur écran, et beaucoup plus tôt. Sur Jooble, « saisonnier juillet août » figure parmi les 15 recherches les plus fréquentes en France dès le mois de janvier. Il est devenu la requête la plus recherchée de toutes à partir de mars en 2025, puis dès février en 2026. Les deux années, il a atteint son pic en juin, quelques semaines avant le début de la saison.
Les recherches se sont aussi précisées. Au printemps, les chercheur·se·s d’emploi tapent « saisonnier mineur » pour un emploi ouvert aux moins de 18 ans, ou « saisonnier cueillette ». En août 2025, « vendange » et « saisonnier vendange » figurent parmi les requêtes les plus fréquentes, aux côtés de « surveillant scolaire » et d' »ATSEM » à l’approche de la rentrée. En novembre, « saisonnier Noël » apparaît.
Pour les employeur·se·s qui recrutent des saisonnier·ère·s, la leçon porte sur le calendrier. Les recherches d’emplois d’été commencent environ six mois à l’avance, de sorte que les offres publiées en janvier ou en février touchent les candidat·e·s au moment même où leur recherche démarre.
La stabilité, de la rue à la barre de recherche
Sur le papier, le CPE était un contrat à durée indéterminée. Ses détracteur·rice·s dénonçaient toutefois la période de deux ans pendant laquelle l’employeur·se pouvait y mettre fin sans motif : pour eux·elles, un premier emploi privé de cette sécurité n’était pas un véritable CDI.
Aujourd’hui, ce souhait se lit dans les requêtes saisies. Au cours des huit premiers mois de 2026, « CDI » a figuré chaque mois parmi les 15 recherches d’emploi les plus fréquentes sur Jooble en France, contre deux fois seulement sur la même période de 2025. « Étudiant » était parmi les quatre recherches les plus fréquentes chaque mois de 2025, et « alternance » est entré pour la première fois dans le top 15 en 2026. Les données ne révèlent pas l’âge des personnes derrière chaque recherche.
Les candidat·e·s se décrivent aussi par ce qui leur manque. « Sans diplôme » figurait parmi les 15 recherches les plus fréquentes chaque mois de 2025, et « sans expérience » y entrait également chaque mois. Les employeur·se·s, eux, publient leurs offres par intitulé de poste, en tête desquels « technicien de maintenance » et « cariste ». Une partie de l’écart tient peut-être à ces mots différents, selon les données.
Montpellier et Nantes, deux marchés de l’emploi
Jooble a comparé le nombre de recherches au nombre de postes vacants dans les onze villes françaises qui comptent le plus d’offres sur sa plateforme. Montpellier arrive en tête en 2025 comme sur les huit premiers mois de 2026, avec environ deux fois plus de recherches par poste vacant qu’à Paris en 2025. Bordeaux figure aussi parmi les trois villes les plus concurrentielles les deux années.
Nantes présente le cas inverse. Quatrième en France pour le nombre de postes vacants en 2025, elle n’arrive qu’à la huitième place pour le nombre de recherches. Avec Paris, elle affiche le plus faible nombre de recherches par poste vacant sur les deux années, ce qui suggère, selon les données de Jooble, que les employeur·se·s doivent redoubler d’efforts pour attirer les candidat·e·s.





