Pétrole : il atteint son plus haut niveau depuis mai, sur fond de craintes d’escalade du conflit
Les cours du pétrole grimpent, le baril de Brent ayant brièvement dépassé les 115 dollars, dans un contexte de craintes d’une escalade entre Washington et Téhéran et de nouvelles attaques des rebelles houthis contre des infrastructures saoudiennes. Les tensions font également monter les prix du gaz en Europe, ce qui ravive les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique mondial.
- Les prix du pétrole atteignent leur plus haut depuis mai, influencés par les tensions US-Iran et attaques contre l'Arabie saoudite.
- Des craintes d'escalade militaire et de perturbations des infrastructures pétrolières amplifient la veille du scrutin aux États-Unis.
- Le marché du gaz en Europe flambe, soutenu par la faiblesse des livraisons et le contexte géopolitique tendu.
- Les coûts de transport et de raffinage augmentent, compliquant l'approvisionnement énergétique mondial.

Vers 11h40 GMT (13h40 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, gagnait 1,27 % à 114,61 dollars. Il avait touché 115 dollars pour la première fois depuis début mai, au moment de la paralysie du détroit d’Ormuz. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, progressait de 1,53 % à 101 dollars.
Selon les analystes d’ING, des informations indiquent que le président Trump envisage de nouvelles frappes contre l’Iran, tandis que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région. Ces évolutions remettraient en cause la possibilité d’une désescalade et d’une normalisation des flux, y compris après les élections législatives de mi-mandat prévues le 3 novembre aux États-Unis. Jeudi, Donald Trump a affirmé sur son réseau Truth Social que « l’Iran fait tout son possible pour faire grimper le prix du pétrole avant les élections de mi-mandat aux États-Unis ». La question est sensible pour le camp républicain, Donald Trump ayant promis de faire baisser les prix de l’énergie.
Autre facteur à la hausse, les attaques des Houthis contre des infrastructures civiles saoudiennes, notamment des sites pétroliers et des aéroports, ont atteint, ces dernières semaines, une ampleur inédite depuis le début du conflit au Yémen, en 2014.
Des craintes de nouvelles attaques
Dans ce contexte, la capacité de l’Arabie saoudite à exporter du brut par la mer Rouge, de l’autre côté de la péninsule arabique, est devenue essentielle sur le marché. « Une grande incertitude règne » concernant « le volume de pétrole physique actuellement disponible sur le marché », affirme Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank. Selon la plateforme Kpler, les volumes de barils exportés par les pays du Golfe sont revenus au-delà de leurs niveaux d’avant-guerre lors de la semaine achevée le 18 octobre.
Pour Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank, « le marché est de plus en plus préoccupé par la possibilité que de nouvelles attaques endommagent les infrastructures de production, de transformation ou d’exportation, provoquant des perturbations difficiles à résoudre ». Le coût du transport constitue aussi un point de tension. D’après Kpler, le fret pour acheminer du brut du Golfe vers la Chine atteignait la semaine dernière un niveau proche des records, à 25 % du prix d’un baril, contre 5 % en temps normal. Pour une cargaison de deux millions de barils, cela représente près de 75 millions de dollars de frais de transport.
Le gaz au plus haut
Sur le marché européen, la référence du gaz, le contrat à terme du TTF néerlandais, atteint ses plus hauts niveaux depuis 2022. Vers 13h40, il progressait de 4,16 % à 93,72 euros le mégawattheure. Barbara Lambrecht précise que les livraisons de gaz naturel liquéfié restent faibles en provenance du Golfe, et qu’elles subissent également le contrecoup de la récente attaque contre un méthanier au large des côtes du Yémen. Les faibles niveaux de stockage de gaz en Europe « accentuent la pression à la hausse sur les prix ».
À ces éléments s’ajoutent les dégâts subis par plusieurs raffineries du Moyen-Orient, qui limitent la production d’essence et de gazole. Selon Kpler, un retour aux capacités de raffinage d’avant-guerre ne serait pas attendu avant le deuxième trimestre 2027. Le problème ne réside donc plus seulement dans la disponibilité du pétrole, mais aussi dans le coût de son acheminement et de sa transformation en carburants.





