Gazole : les stations indépendantes dénoncent la priorité donnée aux grands distributeurs
La baisse du prix du gazole commence à se matérialiser dans certaines stations-service, dans le sillage du déstockage d’une partie des réserves stratégiques décidé par le gouvernement. Mais des disparités persistent selon les enseignes, et une partie du secteur dénonce la priorité accordée aux grands distributeurs.

Le gouvernement avait annoncé en octobre que le prix du gazole baisserait de 12 à 18 centimes par litre pour les consommateurs à partir du 1er novembre. Le dispositif repose sur la vente à prix coûtant aux distributeurs de barils issus des stocks stratégiques. Les volumes sont déstockés par la Sagess, qui gère ces réserves pour l’État.
Selon un calcul de l’AFP basé sur quelque 8.600 stations, le litre de gazole était à un peu plus de 2,3515 euros en moyenne à la mi-journée dimanche. Il s’agit d’une légère baisse par rapport aux 2,37909 euros relevés samedi vers 18h15.
Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) Energies et mobilités, a indiqué à l’AFP que « vous n’avez pas forcément aujourd’hui (dimanche) une baisse chez tous les distributeurs mais ça va se faire d’ici demain (lundi) ». Elle a expliqué que la Sagess avait mis en place les contrats de cession ces deux derniers jours, et que la signature et la régularisation avec chaque distributeur pouvaient prendre davantage de temps.
Une baisse inégale selon les enseignes
Bercy a assuré dimanche, dans un communiqué, que « toutes les stations verront leur prix en baisse dans les prochains jours ». Pour l’Ufip, la baisse ne sera toutefois pas uniforme. « On n’est pas sur une baisse de prix homogène car chacun a sa politique commerciale », souligne Blandine Ruty, qui évoque une baisse d’« à peu près 12 centimes à la pompe » et reconnaît une disparité entre les stations.
Les indépendants dénoncent un retard
Une partie du secteur se plaint de ne pas avoir bénéficié des déstockages en même temps que les grandes surfaces ou Totalénergies. Francis Pousse, du réseau Mobilians, qui représente notamment des stations-service indépendantes, affirme que « les stocks stratégiques ont été donnés en priorité aux plus gros ». Selon lui, « on met du temps à les libérer pour les plus petits », ce qui retarderait l’application des 12 à 18 centimes de réduction en station, en particulier en zone rurale.
Le représentant déplore des « écarts de prix qui sont insupportables ». Il estime que les engagements du gouvernement « ne correspondent pas aux actes », et se dit « très fâché ».





