Gifi : la direction réunit les syndicats mardi et pourrait annoncer une procédure judiciaire
Gifi pourrait faire l’objet d’une nouvelle procédure judiciaire. Une réunion entre la direction et les syndicats est prévue mardi 20 octobre, autour d’une « éventuelle procédure » inscrite à l’ordre du jour. L’enseigne, qui compte 500 magasins en France, a changé de directeur général pour la quatrième fois en deux ans.

Selon les informations recueillies, le type de procédure retenue n’est pas encore confirmé. Il pourrait s’agir d’une nouvelle conciliation judiciaire, après une première procédure de ce type à la mi-2024 puis une seconde en 2025, d’une liquidation ou d’un redressement judiciaire. Dans ce cas, il s’agirait de la troisième procédure en l’espace de deux ans. L’enseigne a été fondée en 1981 par Philippe Ginestet, qui détient toujours 60 % du capital, les 40 % restants étant détenus par les banques créancières.
Le groupe traverse depuis plusieurs mois d’importantes difficultés. Le 12 octobre, Patrick Puy, ancien dirigeant de Moulinex-Brandt et de Go Sport, réputé « spécialiste du redressement d’entreprises », a pris les rênes de l’enseigne, qui emploie 6.000 salariés.
Une procédure de redressement envisagée
Selon les informations de Sud-Ouest, la direction pourrait demander, dans les prochains jours, la protection judiciaire du tribunal de commerce de Toulouse. Toujours selon ce média, le groupe serait en cessation de paiements, une situation qui conduirait à « une procédure collective de redressement judiciaire ». Cette procédure aurait « pour objectif de geler les dettes du discounter » et de « donner du temps à sa gouvernance (…) de trouver les moyens et les contours d’un nouveau modèle économique ».
Un redressement judiciaire comprend une période d’observation de six mois, renouvelable une fois. À l’issue de cette période, trois options se présentent : un redressement, une cession ou une liquidation.
Un climat social tendu
Cette annonce s’inscrit dans un contexte difficile, selon une source syndicale anonyme. « Socialement, la crise s’accentue chez les salariés. Il y a deux semaines, on apprenait aussi le départ du directeur administratif et financier, qui était là depuis six mois. »
Gifi est par ailleurs engagé dans une procédure de vente de 32 magasins sur 500 à l’enseigne Grand Frais, où les postes seraient conservés. Le groupe possède également sept casinos en France, à Mimizan, Megève, Granville, Collioure, Gruissan, Port-la-Nouvelle et Châtel-Guyon. Il a signé une promesse de vente de sa filiale Casigrangi avec le groupe allemand Merkur. Selon Sud-Ouest, cette cession pourrait aboutir au premier trimestre 2027.
Pour la source citée par Sud-Ouest, la vente de ces casinos représenterait toutefois « un poids économique trop léger pour permettre le redressement de Gifi ». Elle évoque « quelques dizaines de millions d’euros », alors qu’il en faudrait « quelques centaines de millions » pour redresser l’enseigne.





