À Marseille-Fos : les industriels se lancent dans un contre-la-montre
Le projet de ligne à très haute tension (THT) entre Fos-sur-Mer et le Gard, porté par RTE, suscite de fortes oppositions. Alors que l’État a annoncé le lancement de la procédure de déclaration d’utilité publique, l’Autorité environnementale a rendu un avis sévère sur le dossier. Le président de la République, qui avait qualifié la ligne de « nécessaire » le 26 mai, avait fixé 2029 comme objectif de mise en service.

Un projet de 65 kilomètres au cœur du débat
La ligne électrique, longue de 65 kilomètres et d’un montant d’un milliard d’euros, est portée par l’opérateur RTE. Son objectif est de décarboner la zone industrielle de Fos-sur-Mer, deuxième émettrice de CO2 en France. Selon le texte, cette transformation permettrait l’implantation de nombreux projets industriels, que le réseau actuel ne pourrait pas accueillir.
Le tracé et l’impact environnemental font toutefois débat, notamment parce que la ligne traverserait le Parc naturel régional de Camargue. RTE privilégie une ligne aérienne, associée au renforcement des lignes existantes. Les opposants, qui réunissent des élus, des agriculteurs, des écologistes et des associations, réclament un enfouissement, au moins partiel, de la ligne. RTE juge cette hypothèse d’un coût beaucoup trop élevé et avance un argument : « pour un nouveau pylône très haute tension implanté, ce sont trois pylônes de tension inférieure qui seront enlevés » dans le Gard et les Bouches-du-Rhône, d’ici à 2035.
Une procédure lancée malgré les réserves
Des phases de concertation ont été menées par la Commission nationale du débat public (CNDP) dès 2025. En mai, l’État a annoncé qu’il engageait la procédure de déclaration d’utilité publique du projet, malgré la forte contestation qui s’exprimait.
Le 27 août, l’Autorité environnementale (Ae), saisie sur la demande de déclaration d’utilité publique, a rendu son avis. Elle juge le projet de RTE imprécis, si ce n’est immature.





