Heurotrain ambitionne de faire circuler des trains toutes les heures entre Amsterdam et Paris via Bruxelles
La startup néerlandaise Heurotrain vient de signer un accord-cadre de dix ans avec SNCF Réseau pour exploiter des liaisons à grande vitesse entre Paris, Bruxelles et Amsterdam. Elle prévoit jusqu’à 16 rotations par jour sur cet axe.

Ce projet arrive dans un environnement déjà disputé. Eurostar, filiale à 51 % de SNCF Voyageurs, voit s’approcher plusieurs concurrents sur les liaisons vers Londres, à savoir Virgin, Trenitalia et Gemini. La compagnie doit aussi composer avec de nouveaux acteurs entre les Pays-Bas et la France, des trajets autrefois exploités sous la marque Thalys.
Heurotrain n’est pas seul sur ce créneau. Ouigo exploite des trains classiques entre Paris et Bruxelles, et GoVolta doit lancer prochainement une liaison nocturne entre Amsterdam et la capitale française. La startup, qui a commencé à communiquer il y a un an, entend pour sa part proposer une offre à grande vitesse via Bruxelles.
L’accord-cadre signé avec SNCF Réseau lui permet de réserver et de sécuriser des « sillons » entre Paris et la frontière belge à partir de décembre 2030, sur un corridor très occupé. La société met en avant le potentiel de la desserte : « cet itinéraire relie trois capitales majeures, qui totalisent plus de 20 millions d’habitants et un marché annuel de déplacements dépassant les 14 millions de trajets ». Elle souhaite, selon ses termes, devenir « le premier opérateur ferroviaire européen indépendant » proposant des liaisons internationales à grande vitesse entre Amsterdam et Paris.
Encore loin du compte
Pour son directeur général, Gerrit Spijksma, cité par mobilithib, l’accord constitue une étape décisive. « Le lancement d’une nouvelle liaison ferroviaire internationale nécessite d’investir plusieurs années à l’avance dans les trains, le personnel et l’organisation. Cela n’est possible que si l’on dispose également de la certitude de pouvoir effectivement accéder au réseau ferroviaire. La France nous offre désormais cette visibilité pour dix ans. »
Heurotrain compte sur la fréquence pour se différencier, avec jusqu’à 16 allers-retours quotidiens, soit en moyenne un train toutes les heures. La compagnie fait ainsi valoir qu’Eurostar propose dix allers-retours quotidiens entre Amsterdam et Paris. Elle promet également des places disponibles et des tarifs modérés pour les réservations de dernière minute, ainsi qu’une connexion wifi à haut débit à bord.
Le chemin reste toutefois long avant la mise en service. Selon la presse batave, Heurotrain affirme avoir déjà levé des fonds en tant que fonds d’amorçage, mais la société devra trouver bien davantage pour lancer ses opérations. Comme de nombreux nouveaux entrants de type startup, elle fait appel à des investisseurs grand public, dans le cadre d’un financement participatif, et espère convaincre des banques par la suite. Il faudra en effet au moins 500 millions d’euros pour acheter des trains, sans compter des délais de livraison qui s’allongent de plus en plus dans l’industrie.





