Paris et Berlin : les détails de l’accord qui redessine le futur européen
La France et l’Allemagne sont parvenues à un accord politique sur les contours du futur Industrial Accelator Act (IAA), à l’occasion du conseil européen qui réunit à Bruxelles les chefs d’État des 27 pays membres de l’Union européenne. Ce texte de programmation industrielle doit dessiner l’avenir de l’automobile européenne.
- La France et l'Allemagne ont trouvé un accord sur le futur de l'industrie automobile européenne.
- Ils se sont mis d'accord sur un taux intermédiaire de contenu local européen, autour de 70 % pour les véhicules.
- Ce compromis concerne la majorité des voitures, avec une importance pour les investissements liés aux sous-traitants.
- Le Parlement doit encore valider cet accord lors du vote prévu en fin d'année.

Jusqu’à présent, Paris et ses alliés, dont l’Italie et la Pologne, faisaient face à l’Allemagne et à des pays du Nord. La Tribune a pu consulter le document qui scelle l’accord entre les deux puissances européennes. Selon des sources bruxelloises, certains éléments pourraient encore évoluer dans les prochaines heures.
Un taux de contenu local européen au cœur du compromis
Parmi les points clés de cet accord, qui pourrait donc encore changer, figure le taux de contenu local européen. Les constructeurs réclamaient le « double 70 », soit 70 % de contenu local européen pour 70 % des véhicules neufs vendus chaque année. Les équipementiers, eux, militaient pour un taux de 80 à 85 % de contenu local européen sur au moins 80 % de la flotte. Le couple franco-allemand a opté pour une position intermédiaire.
Le document précise ainsi : « Le véhicule devrait être assemblé en Europe et au moins 70 % de la création de valeur totale des composants, hors batterie, devrait être réalisée en Europe ». Cette mesure concernerait 80 % du parc d’un constructeur, ajoute-t-on.
Un enjeu chiffré pour les sous-traitants
Ce niveau de précision compte particulièrement pour les fournisseurs. Selon la Fiev, qui fédère les équipementiers ayant une activité en France, un point de contenu local représente 4 milliards d’euros d’investissements et 15 000 emplois.
Reste une inconnue : le Parlement acceptera-t-il cet accord lors de l’examen du texte IAA en séance plénière, prévu en fin d’année ? Le texte défendait pour sa part une position proche de celle des sous-traitants.





