Transition écologique : Boris Ravignon estime qu’y renoncer, c’est céder à la » dictature du court terme «
Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières et ancien patron de l’Agence de la transition écologique (Ademe), vient d’être élu par ses pairs à la présidence des Intercommunalités de France, en plein débat budgétaire à l’Assemblée. Dans un entretien accordé à La Tribune, il revient sur la coupe annoncée de 30 % dans le budget du Fonds chaleur et plaide pour un effort accru d’adaptation au changement climatique.

Un budget à équilibrer, mais des choix à assumer
Interrogé sur cette baisse, Boris Ravignon estime que renoncer à la transition écologique et à l’adaptation revient soit à « une myopie suicidaire », soit à « céder à la dictature du court terme ». Il reconnaît que l’équilibre budgétaire est « impérieux », dans un contexte de « crise financière larvée avec la remontée des taux d’intérêt ». Il souligne toutefois que l’été écoulé « démontre, une fois de plus, que le changement climatique est là ».
Il cite un rapport rédigé au sein de l’Inspection générale des finances, selon lequel les collectivités doivent investir 21 milliards d’euros par an. Or, constate-t-il, « nous en sommes loin aujourd’hui ». Il reconnaît une responsabilité partagée : « Nous nous sommes tous plantés collectivement ! »
Pour l’élu, les investissements d’adaptation devront augmenter, et plus vite. Il met en garde contre l’attentisme : « n’attendons pas la prochaine canicule, au printemps 2027 par exemple, pour rafraîchir nos écoles ». Sans cela, affirme-t-il, « nous allons nous retrouver dans des situations politiques intenables ». Il évoque également les achats publics, qu’il juge 25 à 30 % plus chers que dans le privé, et estime que ces surcoûts devraient plutôt être réinvestis.
Qui doit piloter la transition ?
Il est ensuite interrogé sur la demande de France urbaine, l’association des grandes villes et des métropoles, qui souhaite devenir autorité organisatrice de la transition écologique et énergétique. Pour Boris Ravignon, le problème tient à la dispersion des responsabilités : « sur de nombreuses compétences, tout le monde – et donc personne – n’en est responsable ».
Il estime que l’intercommunalité exerce déjà des compétences liées à la transition écologique et qu’elle pourrait être davantage identifiée comme responsable de ces sujets. Il prend l’exemple de la politique du logement, où « chacun a un bout de compétence ». Selon lui, il faut donc « désigner des responsables clairement identifiés et leur donner les moyens qui vont avec ». Et de conclure : « Être 5 voire 10-15 autour d’une même table ne résout pas toujours les problèmes. »





