Poma : le géant français des cabines » œufs » qui réinvente le transport urbain se dévoile
L’entreprise française Poma, fondée en 1947, est l’un des deux leaders mondiaux des systèmes de transport par câble, aux côtés de l’autrichien Doppelmayr. Après avoir équipé les domaines skiables, elle s’est diversifiée vers les téléphériques urbains et touristiques, et prépare sa candidature aux appels d’offres liés aux Jeux olympiques d’hiver de 2030.

Depuis son premier téléski installé à l’Alpe d’Huez, puis ses télésièges en forme d’œufs en 1966, les modèles de l’industriel ont beaucoup évolué, en devenant plus modernes et plus grands. Ses installations sont utilisées par de nombreux domaines skiables en France et à l’étranger. Selon le groupe, 8.000 de ses installations sont présentes dans le monde. Le nom de la marque est même entré dans le langage courant aux États-Unis, où, selon le PDG Fabien Felli, « pour dire téléski, on dit « Pomalift » ».
Le groupe réalise plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70 % à l’export, dans 30 pays. Il s’est aussi ouvert à de nouveaux marchés : téléphériques touristiques au Vietnam, en Colombie, en République dominicaine ou en Mongolie, cabines urbaines à Toulouse comme à New York, ou encore transport industriel sur câble pour acheminer des matériaux issus de mines. Selon le dirigeant, 60 % de l’activité concerne désormais les télécabines urbaines et touristiques, contre 40 % pour la montagne.
Une fabrication entièrement française
Le marché est restreint. Selon Fabien Felli, « les volumes, la complexité des projets font qu’il y a peu d’acteurs, c’est un marché fermé ». Le groupe a choisi de garder sa production en France. Il exploite quatre sites industriels, tous situés entre la Savoie, la Haute-Savoie et l’Isère, ainsi qu’une unité aux États-Unis, la seule hors de France, située à proximité de ses nombreux clients américains.
Chaque projet est différent, explique le PDG : « On n’est pas dans la grande série. Nous avons des plateformes communes, des bases qui sont adaptées à chaque projet, on peut avoir 18 tailles différentes pour la même cabine. » L’entreprise indique produire 2.500 cabines par an. Le modèle XXL destiné au Vietnam a été dessiné par le studio Pininfarina.
Les cabines urbaines répondent à des besoins de franchissement d’obstacles, comme une autoroute ou un fleuve. À Medellín, selon Poma, une télécabine reliée au métro transporte 40.000 personnes par jour. L’ascenseur valléen de Saint-Gervais, en Haute-Savoie, relie la gare SNCF du Fayet au village puis au domaine skiable. Lancé en 2025 pour un montant de 45 millions d’euros, il a dépassé les attentes selon Guillaume Grelier, chef de secteur Valléen chez Poma, avec « plus de 600 personnes par jour en basse saison et jusqu’à 5.700 en haute saison ». Il a transporté 321.000 clients la première année, avec une cabine toutes les 15 secondes. Des riverains évoquent toutefois une pollution visuelle, qui entraîne souvent des recours lors du lancement de projets.
Les JO d’hiver en ligne de mire
Poma a perdu le contrat du C1 à Créteil, mis en service cette année. Le groupe compte néanmoins remporter l’appel d’offres lancé pour les Jeux olympiques d’hiver de 2030, notamment pour accéder à M La Plagne au moyen d’un ascenseur valléen connecté à la gare ferroviaire. Il va candidater pour trois projets d’accès financés par une enveloppe de 124 millions d’euros de l’État et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Pour Fabien Felli, « le marché de la montagne est stable », mais le changement climatique oblige à s’adapter, et l’urbain présente une forte dynamique. Le groupe a adapté son expertise à ce marché, qui exige un fonctionnement quotidien, toute l’année, avec des adaptations sur l’accès, la fréquence et la taille des cabines.
En montagne, Poma a présenté le premier prototype de sa nouvelle cabine « Pure », un équipement premium de 10 places. Elle dispose de grandes vitres, d’un chauffage, d’enceintes Focal, d’éléments personnalisables et de matériaux légers. Le groupe indique déjà enregistrer une demande forte, dans le sillage de la montée en gamme de certaines stations. Pour Fabien Felli, « tous ceux qui l’ont vue la veulent, c’est ce qu’on fait de mieux ».





