Safran va équiper les sous-marins, les missiles nucléaires et les Rafale d’un système « sans GPS, mais avec une précision extrême »
Safran a annoncé avoir été retenu sur trois programmes de la dissuasion nucléaire française : les futurs sous-marins, le missile M51.4 et les avions de combat Rafale. Le groupe fournira à chacun de ces programmes des systèmes de navigation inertielle.

Une navigation sans signaux extérieurs
La navigation inertielle permet de déterminer la position, la vitesse et la direction de manière autonome, grâce à des capteurs embarqués qui mesurent les mouvements. Elle ne recourt à aucun signal extérieur, ce qui la rend particulièrement recherchée dans les environnements où les signaux GPS sont brouillés, dégradés ou indisponibles.
Au cœur de ces contrats figure la technologie HRG (gyroscope résonant hémisphérique), un capteur de très haute précision conçu et produit en France.
Modernisation de la dissuasion française
Pour les futurs sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération, appelés à succéder progressivement aux bâtiments de la classe Triomphant à partir des années 2030, Safran fournira des systèmes permettant une navigation autonome plus longue. Ces sous-marins passent l’essentiel de leur mission en plongée, sans accès aux signaux satellitaires, alors qu’ils doivent connaître leur position avec une extrême précision pour assurer, le cas échéant, l’initialisation du tir du missile M51.
Pour le futur missile nucléaire M51.4, Safran a été retenu pour fournir une nouvelle génération de centrales inertielles, plus compactes et destinées à accroître la précision du guidage. La même technologie sera embarquée sur une majorité des futurs Rafale destinés aux forces françaises. Ces annonces s’inscrivent dans un contexte de modernisation de la composante océanique et aéroportée de la dissuasion française.
Sur le porte-avions Charles de Gaulle, la centrale de navigation de Safran sert de référence pour calibrer, à la mer, le système de navigation des Rafale avant chaque mission.
Pour répondre à la demande, Safran a investi 120 millions d’euros dans ses sites français, avec l’objectif de tripler sa production annuelle de gyroscopes HRG, de 10.000 aujourd’hui à 30.000 d’ici 2032. « Nous sommes particulièrement fiers de la confiance renouvelée par la DGA (direction générale de l’armement) depuis 1972 », a déclaré Franck Saudo, président de Safran Electronics & Defense.





