OCDE : 80 % des aides à l’agriculture sont versées sans aucune exigence, et le soutien a bondi de 15 % en deux ans
Le soutien public à l’agriculture a augmenté de près de 15 % entre 2023 et 2025, sous la pression de crises plus fréquentes, géopolitiques, économiques et climatiques. C’est ce qu’indique un rapport de l’OCDE publié ce lundi 2 novembre, qui porte sur 56 pays et appelle à privilégier des mesures de long terme.

Selon ce rapport, ce soutien dépassait les 950 milliards de dollars en 2025, soit 19,1 % de la valeur de la production agricole de ces 56 pays. Pour l’Organisation de coopération et de développement économiques, il a « consisté en grande partie en des mesures à court terme pour faire face aux crises, plutôt qu’à renforcer la résilience du secteur aux risques futurs ».
Le périmètre couvre les 38 pays membres de l’OCDE, auxquels s’ajoutent 13 économies émergentes, dont la Chine, le Brésil ou l’Inde, qui représentent une large part de la production mondiale. Les instruments diffèrent selon les groupes. Dans les économies émergentes, il s’agit souvent de mesures de soutien aux prix des produits sur le marché intérieur, surtout à la hausse, mais parfois à la baisse. Les pays de l’OCDE recourent plutôt à des dépenses directes, comme les aides d’urgence ou le soutien à l’achat d’engrais.
Des aides rarement assorties de conditions
Le rapport relève que près de quatre cinquièmes des aides aux exploitants sont accordées sans aucune exigence. Seuls 5,7 % sont liés à l’adoption de mesures environnementales volontaires, et 15 % au suivi d’une norme.
À l’inverse, les dépenses affectées à des services d’intérêt général, comme les infrastructures, la recherche-développement ou l’innovation, ont représenté 2,4 % de la valeur de la production agricole, contre 4,6 % entre 2000 et 2002. Elles s’élèvent à 118 milliards de dollars.
Rééquilibrer les incitations
Le rapport appelle donc à « rééquilibrer les incitations ». Il souligne que « les mesures aux frontières et les subventions liées à la production et à l’utilisation d’intrants variables peuvent engendrer des distorsions des marchés et sont généralement inappropriées aux objectifs poursuivis à l’heure actuelle ».
Selon l’OCDE, les dispositifs doivent être « plus ciblés », avec la recherche de résultats précis et la gestion des risques. L’organisation appelle aussi à amplifier les investissements en faveur de l’innovation, du conseil et de « dispositifs d’appui solides ».





