BHV de Paris : le grand magasin est placé en redressement judiciaire
Le grand magasin parisien BHV a été placé en redressement judiciaire, lundi 2 novembre. Le tribunal des activités économiques de Paris a ouvert cette procédure à l’égard de la SEGM BHV, qui regroupe notamment le Bazar de l’Hôtel de Ville et le BHV Parly 2, dans le centre commercial des Yvelines. Selon la direction, le magasin restera ouvert.

Selon un document consulté par l’AFP, la décision concerne une société qui exploite une institution du cœur de Paris depuis 170 ans. L’enseigne emploie 700 personnes, selon des données de septembre.
Concrètement, un redressement judiciaire ouvre une période d’observation de six mois, renouvelable six mois, destinée à étudier si le redressement de la société est possible. À l’issue de cette période, le tribunal peut autoriser la direction à poursuivre son activité (plan de redressement), choisir un repreneur (plan de cession) ou prononcer une liquidation judiciaire.
Un plan de relance et un différend avec le propriétaire
Le grand magasin avait été revendu à perte en juin par la SGM du chef d’entreprise Frédéric Merlin. Pendant l’été, la direction du BHV Marais avait présenté un plan de relance censé remettre la société à flot. Ce plan s’était heurté à un manque de trésorerie, qui tient notamment, selon la direction, à un différend avec le fonds canadien Brookfield, propriétaire des murs. Ce dernier conteste fermement cette version.
Les représentants du personnel comme la direction réclamaient le placement en redressement judiciaire. La direction avait admis quelques jours plus tôt que l’enseigne était en faillite, alors qu’elle affirmait encore récemment ne pas être en cessation de paiement.
Une période jugée cruciale
La direction du BHV a « salué » la décision du tribunal. « La protection du tribunal de commerce devra permettre très rapidement de concrétiser les discussions avec Brookfield, propriétaire des murs, que nous attendons depuis plusieurs mois », a-t-elle fait valoir dans un communiqué publié lundi.
Le président de l’entreprise, Karl-Stéphane Cottendin, cité dans ce communiqué, a pour sa part déclaré : « Ces enjeux de trésorerie ont mis à mal les meilleurs mois de l’année. Nous avons devant nous une période cruciale. »
Le grand magasin a traversé ces dernières années de nombreux revers. Il est accusé de ne plus payer ses fournisseurs et a été critiqué après un partenariat avec le site de mode en ligne asiatique Shein. De leur côté, les représentants du personnel ont indiqué vouloir d’abord informer les salariés avant de s’exprimer publiquement.





