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Artisanat de France / Industrie / SNCF : 360 trains de banlieue d’Île-de-France vont être rénovés dans un contrat de 3 milliards d’euros

SNCF : 360 trains de banlieue d’Île-de-France vont être rénovés dans un contrat de 3 milliards d’euros

  • La rédaction
  • 27 Oct 2026
  • Industrie

Île-de-France Mobilités a confié à SNCF Voyageurs Matériel, filiale de la SNCF, la modernisation « à mi-vie » de la totalité des 360 rames circulant sur les lignes E, H, J, K, L, P et U. Le montant de cette opération s’élève à 3 milliards d’euros, dont une partie s’inscrit dans le contrat conclu entre Île-de-France Mobilités et SNCF Voyageurs pour la période 2026-2030.

SNCF : 360 trains de banlieue d’Île-de-France vont être rénovés dans un contrat de 3 milliards d’euros



Les rames concernées, appelées « Z 50.000 », ont été fabriquées par Bombardier, entreprise depuis rachetée par Alstom, et mises en service progressivement à partir de 2009. Grâce à cette rénovation, elles pourront circuler 40 ans au lieu de 20. Dans un communiqué, Île-de-France Mobilités indique que cette démarche vise à rénover l’ensemble du matériel roulant francilien, à valoriser au maximum les investissements réalisés et à prolonger la durée de vie des rames, « tout en garantissant un haut niveau de sécurité et de service pour les voyageurs ».

Pour Alain Krakovitch, directeur industriel de SNCF Voyageurs Matériel, « moderniser des rames plutôt que les remplacer lorsque cela est pertinent, c’est du bon sens industriel et écologique ».

Des opérations qui vont durer jusqu’en 2043

Le calendrier est long. Selon la SNCF, le programme « s’inscrit dans une démarche industrielle de long terme et va mobiliser plusieurs sites industriels jusqu’en 2043 », compte tenu du volume de trains à traiter.

Les travaux porteront notamment sur les aménagements intérieurs, en particulier les sièges, sur certains équipements, comme la vidéoprotection, et sur la climatisation. Celle-ci bénéficiera d’un nouveau fluide frigorigène dont l’impact climatique est, selon la SNCF, moindre que celui des gaz actuels. Les voyageurs trouveront également davantage d’écrans à bord, destinés à diffuser des messages sur la vie du réseau ainsi que de l’information voyageurs en direct. Des opérations plus lourdes sont par ailleurs prévues pour prolonger la durée de vie de ces trains.

Ces transformations seront menées dans les Technicentres Industriels de SNCF Voyageurs Matériel, notamment à Saint-Pierre-des-Corps. Pour sécuriser l’approvisionnement de pièces devenues difficiles à obtenir, la compagnie a mis en place « un dispositif industriel spécifique » avec huit fournisseurs partenaires. À pleine capacité, jusqu’à 15 rames pourront être traitées simultanément dans les différents ateliers. Le groupe promet en outre un planning de production destiné à limiter l’immobilisation des rames et, par conséquent, l’impact sur le plan de transport.

Une activité proposée à d’autres opérateurs

Au-delà du bénéfice pour les usagers, ce contrat illustre la montée en puissance, au sein du groupe, d’une activité de maintenance lourde qui exige une forte expertise et des capacités industrielles rares. Présentée comme une « business unit », cette activité a vocation à être proposée à tous les types d’opérateurs ferroviaires, et pas seulement à SNCF Voyageurs, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence.

SNCF Voyageurs Matériel mène déjà le programme OPTER, qui porte sur la rénovation à mi-vie de près de 900 rames TER appartenant à douze autorités organisatrices de transport régionales. Certaines de ces lignes peuvent aujourd’hui être exploitées par un concurrent de la SNCF, comme Transdev dans le sud-est. En région parisienne, plusieurs lots, c’est-à-dire des blocs de lignes, sont également en jeu. SNCF Voyageurs pourrait en perdre certains, et une partie des trains rénovés pourrait finalement être exploitée par d’autres acteurs, qui rémunéreraient SNCF Matériel pour des opérations plus ou moins lourdes.

Pour le groupe, l’enjeu est donc de développer une offre de maintenance accessible à tout opérateur en ayant besoin, ces installations étant rares et très coûteuses à déployer. « Ce contrat confirme la capacité de SNCF Voyageurs Matériel à porter des programmes industriels de grande ampleur », souligne Alain Krakovitch. Le groupe précise enfin qu’il s’agit d’assurer une activité durable pour les sites concernés et leurs fournisseurs.


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