Eramet : l’AMF accorde à l’État une dérogation pour le recapitaliser sans OPA
L’Autorité des marchés financiers (AMF) accorde une dérogation exceptionnelle à la réglementation boursière pour permettre à l’Etat de recapitaliser Eramet, groupe minier confronté à de graves difficultés financières. Selon l’autorité, l’Etat ne sera pas tenu de lancer une offre publique d’achat (OPA), même en cas de montée importante à son capital.

Une exemption liée à la situation financière
Une OPA s’impose habituellement lorsqu’un actionnaire souhaite dépasser le seuil de 30 % du capital ou des droits de vote d’une société. L’AMF justifie ici l’exception par « la situation avérée de difficulté financière » du groupe. Dans son avis, elle précise que, sans l’augmentation de capital de 500 millions d’euros prévue d’ici la fin de l’année, Eramet « aura des difficultés significatives à refinancer sa dette », et sa continuité d’exploitation « pourrait s’en trouver obérée ».
L’AMF souligne également que le groupe fait face depuis plusieurs mois à une « conjoncture particulière », citant « une volatilité du prix des matières premières ayant conduit à une dégradation notable de ses principaux indicateurs financiers au cours de la période récente ».
En 2025, Eramet a enregistré une perte nette de 477 millions d’euros et affiche un niveau d’endettement important. En février, le groupe avait annoncé une augmentation de capital qu’il qualifie d’« essentielle pour le groupe », prévue pour le quatrième trimestre.
Le groupe extrait du manganèse, utilisé dans les alliages, du nickel, nécessaire à la production d’acier inoxydable et de batteries rechargeables, ainsi que des sables minéralisés. Il produit aussi du lithium depuis la fin 2024, un métal qui entre également dans la fabrication de batteries électriques. Les prix du manganèse et du nickel ont reculé en 2025.
Une montée de l’Etat au capital
À la mi-octobre, l’Elysée avait indiqué que l’Etat comptait « augmenter significativement sa participation » dans le capital du groupe, afin de devenir « très largement le premier actionnaire », tout en restant en dessous du seuil de 50 % du capital. À la fin de l’année 2025, la part de l’Etat s’élevait à un peu plus de 27 %, alors que la famille industrielle Duval possédait environ 37 % du capital.
Après la réalisation de l’augmentation de capital, la famille Duval détiendra une part nettement inférieure du capital et des droits de vote. Elle prévoit toutefois de rester le deuxième actionnaire de l’entreprise.





