Tchad : deux ans après la rupture de l’accord de défense, des avions militaires français y feront escale technique
Deux avions de chasse Mirage 2000 et un avion de transport CASA français doivent faire une escale technique au Tchad, a annoncé jeudi le porte-parole des Armées. Cette étape, présentée comme de courte durée, s’inscrit dans le rapprochement engagé entre Paris et N’Djamena.

Selon le colonel Xavier Rival, porte-parole du chef d’état-major des armées françaises, cette escale « se fait dans le cadre de l’exercice GEX », qui doit se tenir en Côte d’Ivoire et au Gabon du 8 au 30 novembre. Les appareils y réaliseront notamment « des actions de formation ». Lors d’une conférence de presse, il a confirmé des informations de la presse tchadienne et de TV5 Monde, en précisant qu’il y avait eu « des discussions entre la France et le Tchad pour permettre à cette action de se réaliser dans la pleine souveraineté du Tchad ».
Cette escale intervient près de deux ans après la décision de N’Djamena de rompre unilatéralement l’accord de défense qui liait le pays à Paris. La France avait ensuite mis fin, en janvier 2025, à sa présence militaire permanente au Tchad. Les liens entre les deux pays, dont la France est l’ancienne puissance coloniale, s’étaient nettement dégradés en novembre 2024, après la rupture de cet accord qui mettait fin à 60 ans de déploiement de troupes françaises dans le pays. Un dégel avait été acté en janvier, lorsque le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno avait été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron.
Le colonel Rival a présenté la reprise de la coopération comme un moyen de « s’engager dans la lutte contre l’instabilité régionale », tout en respectant la souveraineté tchadienne. « Il y a eu une reprise de la coopération avec le Tchad, dans le respect de la souveraineté du Tchad », a-t-il déclaré. Pour les armées françaises, il s’agit également de « développer les capacités de l’armée de l’air tchadienne ».
Une déclaration d’intention signée mi-octobre
Ce rapprochement s’appuie sur un texte signé le 13 octobre à Paris, à l’issue d’une nouvelle rencontre entre les deux présidents. Cette déclaration d’intention, signée par les ministres de la Défense des deux pays, doit structurer la coopération « sur des bases renouvelées ». Selon la présidence française, elle fournit un cadre pour « structurer et développer la coopération bilatérale de défense, notamment dans les domaines de la formation, de l’expertise, de l’industrie et des technologies ».





