TotalEnergies affiche un bénéfice record, et le gouvernement lui demande d’être "exemplaire"
TotalEnergies annonce un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre, grâce à la hausse des cours des hydrocarbures. Ses concurrents internationaux en profitent également, tandis que le gouvernement demande que ces gains se traduisent par une baisse des prix à la pompe.

Le groupe voit son bénéfice net plus que doubler sur un an, alors qu’il atteignait 3,7 milliards de dollars au troisième trimestre 2025. Il dépasse aussi largement ses résultats exceptionnels des deux premiers trimestres de 2026, qui reflétaient déjà la flambée des prix des hydrocarbures depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Ces chiffres conduisent des associations et des partis politiques à appeler à taxer les « superprofits ».
Le pétrole, puis le gaz
Les pétroliers européens Shell et Repsol ont également publié leurs résultats, et affichent eux aussi des hausses marquées. Pour TotalEnergies, l’activité Raffinage-Chimie atteint 3,5 milliards de dollars entre juillet et septembre, contre 687 millions un an plus tôt, une performance qualifiée d’historique dans la source. L’espagnol Repsol annonce un bénéfice net quadruplé sur les neuf premiers mois de l’année, dont plus de la moitié sur le seul troisième trimestre. Shell fait état d’un bénéfice net de 12,1 milliards de dollars, en hausse de 126,6 % sur un an.
Cette tendance pourrait se renforcer avec la hausse du gaz. Le prix du gaz européen a dépassé les 100 euros le mégawattheure pour la première fois depuis quatre ans, en raison des difficultés de transit des cargaisons de GNL en provenance du Moyen-Orient et de stocks européens plus bas que l’an dernier à la même période. Dans sa branche Gaz naturel liquéfié, TotalEnergies a vu son résultat opérationnel net ajusté doubler sur un an, grâce à la hausse des prix de vente du GNL et à la « surperformance des activités de négoce », d’après son communiqué.
Côté production, la situation est moins favorable. La production de pétrole et de gaz du groupe recule légèrement, de 1 % sur un an. Hors impact du conflit au Moyen-Orient, elle serait en hausse de « plus de 4 % sur un an », indique le groupe.
Faire baisser le prix à la pompe
Le gouvernement a salué ces résultats. La ministre de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a évoqué sur BFMTV/RMC « la chance d’avoir un grand major pétrolier dans une crise telle que celle que l’on traverse, notamment pour remédier à des risques d’approvisionnement ». Elle a ajouté : « On aurait tort de sombrer dans le Total bashing ». Elle demande toutefois au groupe d’être « exemplaire » et de « répercuter à la baisse l’avantage » du déstockage du diesel à moindre coût, afin de faire baisser le prix de ce carburant, le plus utilisé par les Français.
Le gouvernement a également publié un arrêté obligeant les distributeurs de carburant à indiquer « de manière claire par un affichage visible » le montant de la baisse du prix du gazole consécutive au déstockage. Le gazole s’achète aujourd’hui à plus de 2,38 euros le litre, selon une moyenne. TotalEnergies plafonne depuis plusieurs mois les prix de son gazole dans ses stations-service à 2,25 euros le litre.
Maud Bregeon a demandé au groupe de « poursuivre son plafonnement autant que nécessaire, tant que cette crise perdure », et a promis « une baisse visible à la pompe » dès « la semaine prochaine ».





