TGV M : les premiers passagers embarquent entre Paris et Marseille pour son voyage inaugural
Le TGV M, nouvelle génération de train à grande vitesse conçu par la SNCF et Alstom, entame sa carrière commerciale avec un premier voyage entre Paris et Marseille. Après plus de deux ans de retard sur le calendrier, le train doit permettre à la SNCF de mieux absorber la hausse de la demande.

Il est 8h, sur le quai numéro 5 de la Gare de Lyon, lorsque l’état-major de la SNCF se réunit. Le président de l’entreprise, Jean Castex, est présent, de même que le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et Martin Sion, nouveau directeur général d’Alstom. Des salariés des deux entreprises, qui ont participé au projet pendant un cycle industriel de dix ans, assistent également à la cérémonie.
Jean Castex s’est dit heureux, en saluant « quel bonheur, quelle fierté ». Évoquant les retards, il a déclaré : « il n’y a que les stars qui se font attendre ». Il a aussi rappelé que « trois milliards de personnes ont été transportées en TGV depuis son lancement en 1981″. Martin Sion a estimé qu’il s’agit d’un moment de réussite, tandis que Philippe Tabarot a parlé d' »une grande réussite française ». Ce dernier devait toutefois repartir rapidement, à la suite d’un accident de car scolaire.
Une bulle de confort
Le design du train marque une rupture avec ses prédécesseurs, avec un nez allongé et une silhouette aérodynamique. Pour la première fois, les aménagements intérieurs sont le fruit d’un travail collaboratif entre Alstom, l’agence interne de conception Arep de la SNCF et le studio japonais Nendo. Céline David, directrice design chez Arep, explique que le confort est « un thème central, on a voulu offrir une bulle de confort plus douce et plus personnelle ». En première classe, les sièges sont cinq centimètres plus larges que dans les générations précédentes.
Un bar à deux étages et un greffon
La voiture bar, présentée comme cathédrale sur deux étages grâce à une mezzanine, combine un espace d’achats en libre-service avec paiement sur borne et un espace de 28 places assises. L’offre a été revue avec des plats simples issus de la cuisine traditionnelle, à base de produits français, ainsi que des encas. Le croque-monsieur, à 7,90 euros, reste le produit le plus vendu à bord des TGV.
Le composant le plus innovant, et celui qui a posé le plus de problèmes aux ingénieurs d’Alstom, est le greffon, une batterie. Elle doit permettre au train de rouler, en cas de coupure de courant, sur 40 à 50 kilomètres à vitesse réduite, entre 30 et 60 km/h, afin de rejoindre un tronçon électrifié. Elle peut également alimenter la lumière, la sonorisation ou la climatisation pendant deux à trois heures.
Capacité et consommation
La SNCF a commandé au total quelque 160 TGV M à Alstom, pour un montant d’environ 4,6 milliards d’euros. Six rames circulent sur Paris-Marseille, axe le plus fréquenté du réseau, sans arrêt intermédiaire. L’opérateur recevra sept rames supplémentaires d’ici la fin de l’année, puis une rame par mois jusqu’en 2032.
Avec ses deux étages, le train accueille 740 places par rame, soit plus de 1.400 passagers lorsque deux rames sont accouplées. Sa capacité est supérieure de 20 % à celle de son prédécesseur, à longueur égale. Le train est également modulable, ce qui permet d’ajuster le nombre de voitures et de transformer les espaces intérieurs. Selon la SNCF, il consomme 20 % d’énergie en moins et émet 32 % de CO2 en moins, tandis que la réduction de 30 % des frais de maintenance est présentée comme un atout supplémentaire.
Il est presque 10h lorsque le TGV Nouvelle Génération n°35081 quitte la gare.





