Sécurité sociale : le gouvernement prévoit de ramener le déficit à 12,7 milliards d’euros
Le gouvernement prévoit de ramener le déficit de la Sécurité sociale à 12,7 milliards d’euros en 2027, contre 21,8 milliards d’euros, soit une baisse de 9,1 milliards. Cette trajectoire, inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), suppose des économies substantielles, principalement sur la retraite et la santé. Le texte, rejeté en première lecture par l’Assemblée nationale, est examiné au Sénat.

Les retraités en première ligne
Pour dégager une part importante des économies, le gouvernement vise d’abord les retraités. Les pensions, habituellement revalorisées chaque année pour tenir compte de l’inflation, pourraient ne plus être indexées l’an prochain, à l’exception de celles inférieures à 1 260 euros. Cette désindexation générerait 4,1 milliards d’euros d’économies pour les comptes publics. Sébastien Lecornu propose par ailleurs de réduire l’abattement de 10 % appliqué aux pensions, qui diminue le montant des revenus imposables, une mesure qui permettrait d’économiser 1,4 milliard d’euros en 2027.
L’effort demandé aux retraités s’élève ainsi à près de 5,5 milliards d’euros. Cela correspond à « 10 % de l’effort total dans ce budget, alors que les retraités représentent 25 % de la population française ».
Rattaché à Matignon, le Conseil d’orientation des retraites (COR) alerte sur le risque « récessif » que ferait peser la désindexation des pensions, susceptible d’entraîner à terme des suppressions d’emplois. Selon une étude de l’Insee, les 25 milliards d’euros liés à la revalorisation de 2024 ont majoritairement été épargnés et n’ont, de ce fait, pas directement soutenu la croissance.
Dépenses de santé et arrêts de travail
L’an prochain, les dépenses de santé couvertes par la Sécurité sociale pourraient également faire l’objet d’une réduction contrainte. Chaque année, le PLFSS fixe un plafond à ne pas franchir, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam). Pour 2027, Matignon propose une hausse de l’Ondam de 2 %, alors que ces dépenses progresseraient spontanément d’environ 4 %. Cela éviterait 5 milliards d’euros de hausse, pour atteindre près de 280 milliards d’euros au total, en ville comme à l’hôpital.
Le gouvernement préconise aussi le transfert de certains remboursements vers les complémentaires santé, à hauteur de 1,2 milliard d’euros. Cette mesure implique de réduire le périmètre de la Sécurité sociale et de faire davantage payer les Français, les mutuelles augmentant leurs tarifs. Entre 2 et 3 millions de Français sans mutuelle devront, eux, payer pour être soignés.
Le ministère de la Santé a par ailleurs annoncé de relever le plafond des franchises médicales et des participations forfaitaires, fixé à 140 euros depuis le 1er octobre contre 100 euros auparavant. Le gouvernement rappelle que ce plafond révisé ne fait que tenir compte de l’inflation depuis 2005.
Le gouvernement a déjà limité la durée maximale d’un arrêt prescrit par un médecin, à un mois pour une première prescription et deux mois pour un renouvellement, divisé par trois la durée maximale de certains arrêts de longue durée et réduit le montant maximum des indemnités journalières (IJ) pour les accidents du travail et les maladies professionnelles. Le PLFSS 2027 prévoit d’aller plus loin, en augmentant l’imposition des IJ pour les accidents du travail et en taxant les Français souffrant d’une affection de longue durée, comme les cancers, les AVC ou le diabète. En 2025, les arrêts de travail ont coûté 17,9 milliards d’euros à l’Assurance-maladie, une dépense en hausse.
Ces mesures interviennent alors que la croissance reste faible, avec un déficit public qui dépasse encore 5 % du PIB et une méfiance accrue des créanciers.





