Volodymyr Zelensky accuse les États-Unis de retarder la livraison de missiles
Volodymyr Zelensky accuse les États-Unis de retarder la livraison de missiles intercepteurs déjà payés par les Européens pour l’Ukraine, dans le cadre du programme PURL. Le président ukrainien dénonce une décision politique qui ralentirait le soutien à Kiev, alors que Washington multiplie les gestes favorables à Moscou.

« Les missiles sont prêts »
Devant des sénateurs américains, lundi soir, Volodymyr Zelensky a affirmé que « le Pentagone retarde la livraison de missiles déjà payés » pour l’Ukraine. Selon lui, ce lot « attend la signature de (Pete) Hegseth », le ministre américain de la Défense. Il a ajouté que des pays européens étaient prêts à livrer, depuis leurs propres stocks, des missiles intercepteurs Patriot, les seuls capables d’abattre les engins russes les plus sophistiqués, dont Kiev manque cruellement. Ces pays attendent toutefois « l’autorisation américaine ».
Selon des propos retransmis par la présidence ukrainienne, le dirigeant a résumé la situation : « Les missiles sont prêts. Ils pourraient déjà se trouver en Ukraine. (…) Mais malheureusement, l’autorisation n’a toujours pas été donnée. » Il a conclu : « Tout cela laisse penser qu’une décision politique a été prise pour ralentir le soutien qui nous est apporté. »
Ces accusations interviennent après des critiques de Donald Trump envers Volodymyr Zelensky. Le président américain l’accuse d’alimenter la flambée mondiale des prix du carburant en visant les raffineries russes, et estime qu’il ne travaille pas à une fin du conflit. Donald Trump a aussi conclu un accord surprise avec Vladimir Poutine sur le diesel, au grand dam de Kiev. « Honnêtement, je pense qu’il est temps que quelqu’un d’autre négocie au nom de l’Ukraine », a-t-il encore déclaré lundi.
Des émissaires américains en Europe
Selon le média Axios, l’émissaire de la présidence américaine Steve Witkoff doit se rendre en Europe cette semaine pour rencontrer séparément les dirigeants ukrainien et russe. Les discussions avec Volodymyr Zelensky, prévues à Oslo, réuniront l’Ukraine, les États-Unis et des pays européens, dont la France, qui cherchent à élaborer une proposition de paix à présenter à la Russie. Le site s’appuie sur un responsable américain anonyme. Il indique que l’émissaire doit ensuite se rendre en Russie, où il espère rencontrer Vladimir Poutine et lui présenter des idées. La Maison Blanche n’a pas répondu dans l’immédiat pour confirmer ce déplacement.
Le président américain s’est par ailleurs dit prêt à rencontrer prochainement ses homologues russe et chinois. « Je le ferais, pas tant pour l’Ukraine parce que, franchement, la Russie a été bien sur l’Ukraine. Ils n’ont pas fait grand-chose récemment », a-t-il déclaré devant la presse, évoquant aussi la « dénucléarisation » comme sujet à aborder. Interrogé plus tôt, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué qu’une rencontre avait « effectivement été évoquée ». Les trois dirigeants sont attendus en Chine pour un sommet économique les 18 et 19 novembre.
Renseignement et frappes
Volodymyr Zelensky s’est également inquiété de limitations dans le partage du renseignement américain, ce que Washington nie. Il a aussi pointé une connexion au réseau Starshield de SpaceX restée limitée sur certaines zones du front, deux éléments qu’il juge essentiels pour l’armée ukrainienne. Dans la nuit de dimanche à lundi, « encore une fois, il n’y a eu aucun avertissement préalable de nos partenaires » avant une attaque de missiles balistiques russes, a-t-il regretté sur X. Des conditions similaires s’étaient produites la semaine précédente.
Lundi soir, une attaque russe sur un parc de la région de Kharkiv, dans le nord-est, a tué six personnes, dont trois enfants, selon les autorités locales. Une frappe ukrainienne a par ailleurs tué trois personnes dans un véhicule des pompes funèbres dans la région de Lougansk, contrôlée par Moscou, d’après le dirigeant local installé par la Russie. Depuis l’Ouzbékistan, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a répété lundi qu’il n’y avait eu « aucune pause » dans le partage de renseignements avec Kiev.





