Ryanair : son patron prévient que 2027 fera mal avec la fin de la protection contre la flambée du kérosène
Les billets d’avion pourraient augmenter de 10 à 20% en Europe en 2027, selon Michael O’Leary, le directeur général de Ryanair. Le patron de la compagnie low cost irlandaise invoque la hausse du prix du kérosène, la fin de contrats de couverture et la réduction du nombre de vols.

Lors d’une conférence de presse à Bruxelles, ce mardi 20 octobre, Michael O’Leary a averti que les voyageurs allaient faire face à une forte hausse des tarifs. « Vous allez assister à la plus forte hausse des tarifs aériens de l’histoire en Europe au cours des 12 prochains mois », a-t-il déclaré.
En France, la hausse est déjà visible. D’après les dernières données de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), publiées pour septembre 2026, les billets au départ de France ont augmenté de 10,6% sur un an. La progression est plus marquée sur les liaisons internationales (+12,1%), notamment vers l’Amérique du Nord (+14,2%) et l’Amérique latine (+14%), tandis que les vols intérieurs progressent de 3,7%.
Le prix du kérosène a plus que doublé
Pour appuyer ses prévisions, Michael O’Leary pointe d’abord la flambée du carburant. Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février, le prix du kérosène a fortement augmenté. Selon la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), il est passé d’environ 750 dollars la tonne avant le conflit à 1.550 dollars en moyenne en septembre. Il a atteint 1.590 dollars le 8 octobre, soit plus du double de son niveau d’avant-guerre.
Le carburant représente habituellement près d’un tiers des coûts d’exploitation des compagnies aériennes. Le kérosène est aujourd’hui proportionnellement plus cher que le pétrole brut, notamment en raison des tensions sur les capacités de raffinage et les approvisionnements.
Jusqu’à présent, plusieurs grandes compagnies européennes ont été relativement protégées. Elles avaient acheté à l’avance une partie de leur carburant à des prix fixés avant le conflit, grâce à des contrats de couverture financière appelés hedging. Ryanair avait ainsi sécurisé 80% de ses besoins en carburant à 67 dollars le baril jusqu’en mars 2027.
Moins de sièges
Cette protection arrive toutefois progressivement à échéance. À mesure que les contrats expireront, les transporteurs devront acheter davantage de kérosène aux prix actuels, nettement plus élevés, une facture qu’ils pourraient répercuter sur leurs passagers. « Ryanair n’est plus couverte qu’à 15%, c’est-à-dire rien », a indiqué Michael O’Leary.
Le patron de Ryanair anticipe aussi une réduction du nombre de sièges disponibles en Europe en 2027. Il cite les faillites de certaines compagnies, les opérations de consolidation du secteur et les suppressions de lignes. Or, lorsque l’offre diminue alors que la demande reste soutenue, les compagnies peuvent plus facilement augmenter leurs tarifs.
Ryanair participe elle-même à cette baisse de l’offre. Son patron a annoncé ce mardi la suppression de 20 lignes et de plus d’un million de sièges en Belgique pour son programme hivernal, en réaction à l’augmentation prévue des taxes aériennes.
Les compagnies françaises sont également concernées. Début octobre, la FNAM a réclamé des mesures exceptionnelles au gouvernement pour aider les transporteurs à supporter l’explosion de leur facture énergétique. Sur les huit premiers mois de 2026, le trafic aérien français a reculé de 0,5%.





