ArcelorMittal : le défi de produire de l’acier avec moins d’eau en Lozère
L’usine ArcelorMittal de Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère, fonctionne actuellement grâce à ses réserves d’eau. Philippe Chappus, responsable du développement des aciers électriques du site, s’est inquiété de cette situation : sans ces réserves, l’usine serait à l’arrêt. Le site produit des aciers destinés notamment aux voitures électriques, à l’éolien et au secteur nucléaire.

Le lieu d’implantation avait pourtant été choisi dans un environnement favorable. Installée ici en 1917, l’usine se situe à plus de 1 000 mètres d’altitude, entre le Parc naturel de l’Aubrac et le massif de la Margeride. Son foncier est traversé par trois cours d’eau, dans un paysage verdoyant. Le réchauffement climatique modifie désormais ce équilibre, selon le constat dressé par le site.
Bernard Légier, directeur du site, qui produit 100 000 tonnes d’acier électrique chaque année, observe cette évolution de près. « Nous allons vers des étés de plus en plus chauds et des automnes de plus en plus secs. C’est tout sauf anodin », affirme-t-il.
Une eau indispensable à la production
La fabrication de l’acier nécessite de grandes quantités d’eau. Elle est utilisée comme eau de refroidissement, comme eau de procédé, ainsi que pour des applications environnementales. À Saint-Chély-d’Apcher, la ressource remplit une fonction supplémentaire, puisqu’elle contribue à couvrir une part importante de la consommation électrique de l’usine.
Des barrages pour alimenter le site en électricité
Entre 50 et 60 % de la consommation électrique annuelle de ce site électro-intensif sont assurés par deux barrages hydroélectriques. Situés à environ une heure de voiture de l’usine, ils sont gérés en continu par des salariés du sidérurgiste franco-indien. Dans ce contexte, les tensions hydrauliques que connaît le département contraignent la direction de l’usine à anticiper une raréfaction de plus en plus marquée de cette ressource, qualifiée d’« or bleu ».





