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Comment les industries agroalimentaires réduisent-elles leur dépendance à l’eau en Occitanie ?

  • La rédaction
  • 28 Oct 2026
  • Industrie

À Sète (Hérault), l’usine Saipol, filiale du groupe Avril, prévoit de remplacer 95 % de son eau de forage grâce à la réutilisation d’eaux usées traitées. Les installations doivent être opérationnelles d’ici la fin de l’année.

Comment les industries agroalimentaires réduisent-elles leur dépendance à l’eau en Occitanie ?



Une usine très consommatrice d’eau

Située sur la zone industrielle du port de Sète, l’usine broie jusqu’à 600 000 tonnes de graines de colza par an. Elle produit ainsi 340 000 tonnes de tourteaux de colza destinés à l’alimentation animale et 250 000 tonnes de biocarburants. Pour fonctionner, le site consomme 350 000 m³ d’eau de forage par an.

Ces volumes servent notamment à fabriquer de la vapeur et à alimenter les circuits de refroidissement. « Nous consommons beaucoup d’eau pour fabriquer de la vapeur et dans les circuits de refroidissement, or nous avons un objectif de réduction de 20 % de notre consommation d’eau », explique Nicolas Vitté, directeur de cette usine qui compte 110 salariés.

En 2023, Saipol a annoncé un programme d’investissement de 60 millions d’euros sur trois ans pour moderniser le site. Une enveloppe de 3 millions d’euros est consacrée à la gestion de l’eau, avec une aide d’un million d’euros de l’agence de l’eau.

Un projet de réutilisation des eaux usées

Pour réduire son recours au forage, l’industriel s’est engagé dans un projet de REUT, c’est-à-dire de réutilisation des eaux usées traitées, avec l’agglomération de Sète. Le voisin Paprec, site de traitement des ordures ménagères, est également associé à ce projet, dans une logique de territoire.

La station d’épuration, située à deux kilomètres de l’usine, traite déjà une partie de ses eaux pour nettoyer les voiries ou curer les réseaux. Saipol en récupérera jusqu’à 450 000 m³ par an, soit 10 % des eaux rejetées par la station, qu’elle filtrera pour les adapter à ses process. Une partie de ces volumes, retraités par Saipol, alimentera l’incinérateur de Paprec. En retour, cet incinérateur fournira de la vapeur d’eau à la chaudière biomasse de Saipol.

Pour Nicolas Vitté, le dispositif a aussi une autre utilité. « Le dispositif ne présente aucun intérêt économique mais il nous assure un fonctionnement permanent sur le site en cas d’arrêté sécheresse », souligne-t-il. Une fois en service, les installations permettront de remplacer 95 % de l’eau de forage utilisée sur le site.


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