Audi : face à la polémique en Allemagne, son patron justifie sa présence au meeting de Donald Trump
Gernot Döllner, PDG d’Audi, suscite la controverse en Allemagne après sa présence, le 24 octobre, à un meeting de Donald Trump dans l’État de Géorgie. Face à la multiplication des critiques, il s’est justifié dans une lettre adressée aux employés.

Quelques jours avant des élections de mi-mandat qui cristallisent de nombreuses tensions aux États-Unis, le dirigeant reconnaît, selon la lettre consultée par Bloomberg, être conscient que l’annonce « a été perçue comme l’expression d’une position politique ». Il précise toutefois que la décision de s’y présenter « a été prise uniquement dans l’intérêt de l’entreprise ».
Officiellement, sa présence aux États-Unis s’inscrit dans des discussions relatives à la construction d’une usine dans l’État de Géorgie. Un investissement de 4 milliards de dollars que Gernot Döllner a souhaité officialiser lors de ce meeting. Il indique avoir demandé à la société mère, Volkswagen AG, d’annoncer le feu vert pour cette implantation.
Des critiques de tous bords
La présidente du syndicat IG Metall, Christiane Benner, a rapidement critiqué cette participation à un meeting électoral. « La manière dont Gernot Döllner s’est présenté, ainsi qu’Audi, aux États-Unis est extrêmement embarrassante, politiquement inacceptable », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Les désaccords se sont aussi exprimés en interne. Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise du groupe Volkswagen, a dénoncé une « violation manifeste » des directives internes. Celles-ci imposent la neutralité politique et interdisent les événements publics avec des candidats dans les trois mois précédant un scrutin.
Une polémique politique
Le monde politique s’est également emparé de l’affaire. La députée SPD Isabel Cademartori a dénoncé sur X une « aide électorale directe » apportée à Donald Trump, estimant que Volkswagen n’avait « rien appris de l’histoire ». Du côté de la CDU, le parti du chancelier Friedrich Merz, le député européen Dennis Radtke a qualifié ce choix de Gernot Döllner de « troublant et pitoyable ». Il estime aussi que Donald Trump est un homme politique qui « nuit massivement à l’industrie allemande, y compris à l’industrie automobile ».





