Le BHV du Marais demande son placement en redressement judiciaire
Le grand magasin parisien BHV Marais demande son placement en redressement judiciaire, « pour sécuriser son plan de relance » et « préserver l’activité et l’emploi », après de nombreux revers ces derniers mois. Son président, Karl-Stéphane Cottendin, accuse le bailleur de ne pas avoir versé les indemnités dues en échange de la restitution de la moitié des murs.

Le projet de relance souhaité par la direction « s’appuie sur un plan d’investissement financé notamment par des indemnités contractualisées en échange de la restitution au bailleur, au printemps, de plus de la moitié du magasin ». Ces indemnités « n’ont pas été versées », est-il précisé dans un communiqué de presse. Le grand magasin, fondé en 1856, restera ouvert, a précisé la direction de l’enseigne, qui emploie 700 personnes, selon des chiffres de septembre.
« Ce qui manque aujourd’hui à ce magasin, c’est la trésorerie qui lui est due »
Karl-Stéphane Cottendin a repris l’emblématique enseigne du centre de la capitale en juin. Selon le même communiqué, « ce qui manque aujourd’hui à ce magasin, c’est la trésorerie qui lui est due ». « La relance devait être lancée dès l’été avec ces fonds : réassortir, réaménager le périmètre conservé, reprendre la parole auprès des clients », rappelle la direction, mais « sans ces fonds, elle n’a pas pu l’être ».
La direction évoque également « les émeutes qui ont frappé le centre de Paris ces derniers samedis, jusqu’au pillage du rez-de-chaussée du magasin », qui ont, selon elle, « achevé de peser sur une trésorerie déjà contrainte ». Elle distingue deux chantiers : « d’une part, les investissements de la relance, d’autre part le traitement du passif ». Pour le BHV, la procédure « est le cadre de la relance, pas son échec ».
D’après la direction, la procédure « gèle le passif antérieur et ordonne son traitement, sans oublier personne » et « protège les marques et les fournisseurs qui reviennent, payés à échéance et avec la priorité que la loi leur accorde ». Elle donne également « une autorité et un calendrier pour faire exécuter les accords signés par le bailleur et les inscrire dans le plan ».
Une cessation de paiements contestée
L’inspection du travail suspecte l’établissement, revendu à perte en juin par la SGM de Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants, d’être en cessation de paiements, ce que conteste la direction. L’entreprise a demandé la protection du tribunal des activités économiques de Lyon, a indiqué sa direction à l’AFP, confirmant une information du Figaro.





