Croissance 2026 : le gouvernement maintient sa prévision, mais les experts n’y croient pas
Le gouvernement maintient sa prévision de croissance de 0,5 % pour 2026 et un déficit public de 5,4 %, alors que le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) juge l’objectif « difficilement atteignable ». Les ministres de l’Économie, Roland Lescure, et des Comptes publics, David Amiel, ont présenté un scénario économique inchangé dans le projet de loi de finances de fin de gestion (PLFG) pour 2026.

Dans son avis rendu public mercredi, le HCFP, organisme budgétaire indépendant rattaché à la Cour des comptes, estime qu’une prévision de 0,3 % de croissance est « plus vraisemblable ». Ce texte, qui ajuste les finances de l’année en cours, doit encore être adopté par le Parlement pour entrer en vigueur.
Un recul du PIB au troisième trimestre
Le scénario du gouvernement a été établi « avant la publication par l’Insee le 30 octobre du chiffre de croissance pour le troisième trimestre ». L’Institut national de la statistique a fait état d’un nouveau recul du PIB de 0,1 % au troisième trimestre, après une baisse de 0,2 % au premier trimestre et une stagnation au deuxième.
L’Insee et la Banque de France tablent quant à eux sur 0,4 %. Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a estimé mardi que cette prévision était même « un peu optimiste » et qu’elle serait révisée à la mi-décembre. Les ministres rappellent pour leur part que la prévision du gouvernement « excédait déjà, à la mi-octobre, celle de la plupart des prévisionnistes ».
Une prévision de déficit jugée fragile
Le HCFP estime que la prévision de déficit pour 2026 est « fragilisée par les évolutions récentes et les dernières informations ». Il indique que, en tenant compte seulement de la hausse prévisible de la charge des intérêts de la dette, cette prévision passerait « mécaniquement à 5,5 points de PIB ».
Devant les députés, Roland Lescure a toutefois affirmé : « Il n’y a rien aujourd’hui, compte tenu de toutes les remontées qu’on a, qui nous conduise à revoir dans un sens ou dans l’autre notre estimation de déficit de 5,4 % ». Sur BFMTV, le même jour, il avait évoqué une croissance pour 2026 comprise « entre 0,3 % et 0,5 % ».
Le rapporteur général du Budget à l’Assemblée nationale, Philippe Juvin, juge « préoccupants » le PLFG et l’avis du HCFP. Ce texte intervient alors que les députés s’apprêtent à rejeter le projet de budget de l’État pour 2027, que beaucoup considèrent également comme reposant sur des hypothèses trop optimistes.
Dans un rapport publié mercredi, la rapporteuse générale du Budget au Sénat, Christine Lavarde, estime que « la croissance pourrait, en 2026, être significativement inférieure à la prévision gouvernementale de 0,5 % ». Elle qualifie également d' »imprudent » l’objectif de croissance de 1 % pour 2027, qu’elle juge « trop optimiste ».





